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Trois questions à Bonaventure Mvé-Ondo, vice Recteur aux partenariats de l’Agence universitaire de la Francophonie Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
11 mai 2009

Bonaventure Mvé-Ondo, Vice recteur aux partenariats de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et Recteur honoraire de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, s’exprimant sur GABONEWS, a déclaré récemment à Libreville qu’il y a « des talents et des nobélisables dans les universités africaines mais que la conquête d’une éthique d’excellence s’impose ».

GABONEWS : - Quelle est votre vision actuelle d’une université d’excellence qui pourrait être une force de propositions dans le processus de développement d’un pays ?

Bonaventure Mve-Ondo : - L’Université est le lieu par excellence de l’union et de la compréhension mutuelle. C’est un espace qui doit créer un monde multipolaire. A l’université nul n’a raison par la force. Les enseignants, chercheurs et autorités rectorales doivent reposer leurs missions sur les valeurs de partage et de respect de la diversité. C’est prôner le vivre ensemble différent. Je déplore qu’aujourd’hui les universités africaines soient des lieux de confrontation où les enseignants-chercheurs viennent brandir leurs doctorats et diplômes universitaires à des fins de domination sur les étudiants. Il faut redéfinir les éthiques enseignantes et étudiantes.

GN : - Vous insistez sur l’impérieuse nécessité d’une autre gouvernance universitaire et donc qu’il faut repenser les universités africaines. Comment cette rupture peut –elle se traduire ?

BMO : - Penser l’université, c’est ne pas faire du copier coller sur les canons déjà existants. Les enseignants doivent revisiter leurs missions. Ils doivent se remettre en question tous les jours dans l’exercice de leur fonction. Pour impulser une dynamique de développement, les universitaires doivent sortir du nationalisme. Car, nous sommes à l’ère de la mondialisation des savoirs. La conquête d’une éthique d’excellence par les enseignants et les étudiants s’impose à tous les nivaux. L’Université doit construire le vivre ensemble. A l’Université on ne se fait pas de l’argent. On ne devient pas riche à l’Université. S’il y avait une vérité de la gouvernance, il n’y aurait pas des universités riches ou pauvres. Les enseignants et les autorités administratives doivent s’atteler à former une élite stratégique. Au lieu de cloisonner, formater les étudiants à leur image, les enseignants doivent réussir à intérioriser la pensée scientifique en se l’appropriant dans une synthèse originale avec l’identité culturelle. La vraie norme, c’est celle du pacte de solidarité.

GN : - Vous qui avez longtemps été au service de la formation aussi bien au Gabon, dans d’autres pays africains qu’en France, quelle réflexion faites-vous sur le statut de l’étudiant ?

BMO :- Je voudrais simplement dire aux étudiants qu’être étudiant ce n’est pas un métier. Être étudiant, c’est une ambition, c’est-à-dire de quitter ce statut pour participer à la construction de nos États, nos économies et donc finalement à venir apporter leur contribution. Être étudiant, c’est un moment où il faut bien se préparer parce que demain sera plus difficile. Il faut qu’ils prennent une certaine dimension de modestie, d’ouverture et de fraternité parce que les réseaux étudiants constitués durant cette période d’apprentissage sont les meilleurs qui vont vous aidez à bien fonctionner demain.

GN/MNR/DCD/RA/09

Article Publié le : 07/05/2009 sur Gabonews.ga

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