Les espaces d’entre-deux dans l’agglomération de Khartoum : une recherche soutenue par l’AUF

Alice Franck

Dans le cadre des Projets PCSI 2016-2018 soutenus par l'AUF Moyen-Orient, Alice Franck (de l'Université de Khartoum), a conduit un programme de recherche sur la « Métropolisation et espace d’entre-deux : jeux d’acteurs, dynamiques de pouvoir et reconfigurations identitaires dans l’agglomération du Grand Khartoum ». Nous l'avons rencontrée et recueilli ses propos.

En quoi consiste votre projet de recherche ?

L’idée de départ du projet était de travailler sur les espaces d’entre-deux (par exemple l’espace de périphérie urbaine, entre la ville et la campagne) dans l’agglomération de Khartoum, une des plus grandes villes sahéliennes, qui est marquée par des soubresauts politiques répétés , et d’importants déplacements de populations, souvent opérés par la force. Khartoum a connu une décennie pétrolière entre 2000 et 2011 qui a engendré de nombreux investissements, notamment dans l’immobilier, ce qui a fait émerger de nouvelles formes urbaines (résidences de luxe en périphérie à côté des bidonvilles).

L’idée principale du projet était d’analyser le changement opéré dans les périphéries urbaines de Khartoum du fait de la séparation du Soudan du Sud, de la décennie pétrolière évoquée plus haut et des transformations économiques sous-jacentes. Nous sommes d’abord partis d’un point de vue géographique et avons élargi notre champ de recherches au fil de l’avancement du projet pour y intégrer les dimensions d’ordre identitaire et social.

Plusieurs étudiants ont été mobilisés sur ce projet. Que leur a-t-il apporté ?

La constitution de ce projet PCSI s’est faite en même temps que la mise en place d’une école d’automne pour travailler sur la méthodologie de la recherche en sciences sociales. Ceci a permis d’intégrer dès le départ des étudiants français et soudanais dans la dynamique de la recherche sur le terrain, ce qui a été très stimulant à la fois pour eux et pour l’équipe du PCSI. La plupart des étudiants ayant participé à cette école d’automne sont restés travailler au Soudan et sur le PCSI et certains, qui étaient en Master à l’époque, se sont aujourd’hui lancés dans un doctorat avec l’un des établissements partenaires du projet.                                                                                                                  

Ce projet a-t-il permis de renforcer les liens entre les différents partenaires impliqués ?

Il y avait une convention tripartite entre les établissements partenaires du projet depuis longtemps et le PCSI est venu raviver les relations entre les 3 institutions. Aujourd’hui, un nouveau PCSI entre ces partenaires a vu le jour, on peut tout à fait dire que ce programme est important du point de vue institutionnel et de la recherche car il permet d’affiner un sujet, de rebondir sur des thèmes connexes, d’élargir le champ de la réflexion et de travailler sur de nouveaux axes de recherche.

Par rapport au projet en lui-même, notre équipe s’est continuellement renforcée avec des anthropologues, des juristes, des politologues, ce qui nous a permis de faire évoluer nos axes de recherche vers une réflexion plus globale concernant l’espace d’entre-deux.

Ce projet nous a finalement permis d’attirer des étudiants français et soudanais d’autres disciplines (sociologie, gender studies,…) dont les sujets de recherche étaient en rapport avec ce PCSI.

Nous tenons à souligner qu’un des points positifs de ce projet résidait dans le fait de pouvoir échanger d’égal à égal entre étudiants, chercheurs débutants et chercheurs confirmés.

Que pensez-vous du rôle de l’AUF au Moyen-Orient dans l’appui à la recherche ?

Personnellement, quand je suis arrivée en poste au CEDEJ de Khartoum (j’ai occupé le poste de coordination du CEDEJ Khartoum durant trois ans), il n’y avait plus de mise en œuvre de projets. J’ai donc recherché des bailleurs de fonds potentiels pour impulser un premier programme qui pourrait ouvrir la voie à de futures pistes. L’AUF, en sélectionnant ce projet, m’a mis le pied à l’étrier et m’a montré à quel point une collaboration pouvait être importante, car au-delà du programme PCSI, l’agence intervient sur d’autres actions comme l’appui à des conférences, des colloques, le soutien aux mobilités étudiantes. Le panel de possibilités de financement proposé par l’AUF, même s’il ne s’agit pas de sommes importantes, permet d’envisager de conduire des projets importants sur le long terme.

Date de publication : 16/04/2018

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