La Fête commune de la Francophonie 2026 au Cambodge a rassemblé, vendredi dernier, près de 2 000 participants à l’Institut de Technologie du Cambodge, à Phnom Penh. Enseignants, élèves, étudiants, représentants d’universités membres de l’AUF, diplomates et partenaires de la société civile y ont célébré la vitalité du français au Cambodge. L’événement, organisé par le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports (MEJS), était présidé par S.E. Dr Hangchuon Naron, Vice-Premier ministre et ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, en présence de l’ambassadeur du Canada, du Directeur général deu France-Volontaires et de la représentante de l’ambassade de France.
Au programme, danses, chansons, comédies musicales et saynètes ont donné une tonalité festive à cette journée, tout en mettant en avant l’engagement des jeunes pour la langue française. Au-delà des prestations artistiques, les discours des partenaires ont rappelé le rôle de la Francophonie comme espace de solidarité, de mobilité et de dialogue, à quelques mois du 20ᵉ Sommet de la Francophonie que le Cambodge accueillera en novembre 2026.
Dans son allocution d’ouverture de la fête, S.E. Dr Hangchuon Naron a placé la jeunesse au centre de son message, autour du thème « Génération Z, Génération Paix ? ». Rendant hommage au Roi-Père Norodom Sihanouk et à sa phrase « Mon pays, c’est aussi la langue française », il a rappelé l’ancrage historique du français dans l’administration, le droit et la culture du Royaume, tout en soulignant son importance actuelle.
Le directeur général de France-Volontaires, Yann Delaunay, a souligné la place particulière du Cambodge dans les échanges de volontariat. Le Royaume est devenu le premier pays d’accueil en Asie pour les Volontaires Internationaux d’Échange et de Solidarité, avec plus de 200 volontaires par an ces dernières années, et le deuxième au monde pour le volontariat de solidarité internationale. Depuis 2016, plus de 40 volontaires cambodgiens sont partis en mission en France, en VSI ou en service civique, renforçant les liens entre les jeunesses des deux pays. Il a également rappelé le programme de formations FEF, qui permet à des enseignants cambodgiens de français de développer leurs compétences linguistiques et pédagogiques.
L’ambassadeur du Canada, S.E.M. Christian Desroches, a replacé la célébration du 20 mars dans une dimension mondiale : la Journée internationale de la Francophonie est célébrée dans plus d’une centaine de pays sur cinq continents. Il a insisté sur la solidarité francophone face aux défis économiques, sécuritaires et sociaux, et salué le dynamisme du français au Cambodge, « langue bien vivante » observée dans les écoles, les universités et la vie culturelle. Le Canada a réaffirmé son engagement aux côtés du Cambodge et de ses partenaires pour la préparation du Sommet de 2026.
Pour le ministre de l’éducation, S.E. Dr Hangchuon Naron, la langue française est un outil de nuance et de dialogue dans un monde marqué par la rapidité de l’information et la montée des populismes. Apprendre le français aujourd’hui est, selon lui, un investissement stratégique : atout professionnel, langue de diplomatie, accès à la culture et à l’esprit critique, valorisation du patrimoine et levier de souveraineté technologique.
« On me demande souvent : Monsieur le Ministre, pourquoi nos enfants devraient-ils encore apprendre le français à l’heure de la globalisation anglophone ?
Ma réponse est claire : apprendre le français au Cambodge n’est pas un regard vers le passé, mais un investissement stratégique pour l’avenir », a-t-il rappelé.
En conclusion, le ministre a remercié l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Agence Universitaire de la Francophonie, les ambassades francophones et les ONG pour leur appui. La Fête commune de la Francophonie 2026 marque, a-t-il souligné, une étape importante vers le Sommet de novembre et témoigne de l’engagement du Cambodge en faveur d’une Francophonie tournée vers la jeunesse, la paix et la coopération.