La cérémonie s’est tenue en présence du professeur Vũ Văn Yêm, vice-président de l’Institut polytechnique de Hanoï chargé de la formation, de Madame Trịnh Thị Ánh Hằng, doyenne du Département des langues étrangères, des responsables des services et des programmes de formation Vietnam-France, de Monsieur Trần Văn Hoàng, directeur général de Globant Vietnam, et de Nicolas Mainetti, directeur régional de l’AUF pour l’Asie-Pacifique. La coordinatrice du projet, Madame Nguyễn Thị Thanh Hương, y a présenté les résultats obtenus, avant un échange consacré aux conditions de leur pérennisation.
L’enseignement du français aux étudiants des filières scientifiques et techniques soulève une difficulté commune à de nombreux établissements du réseau de l’AUF, celle de dépasser l’enseignement général pour doter les diplômés d’une compétence directement mobilisable dans leur métier. À l’Institut polytechnique de Hanoï, le français est enseigné à des étudiants de spécialités techniques, dans le cadre de leur cursus d’ingénieur comme en seconde langue vivante.
Retenu en 2024 dans le cadre de l’appel régional de l’AUF en faveur des formations francophones en Asie-Pacifique, le projet « Optimisation des pratiques d’enseignement et d’apprentissage du français à l’Institut polytechnique de Hanoï » (OPEAF) poursuivait deux objectifs, donner à l’enseignement du français une visée professionnelle, en réponse à la demande du programme Vietnam-France en technologies de l’information, et actualiser les formations en renforçant les compétences de l’équipe pédagogique. La mise en œuvre a été assurée par le Département des langues étrangères de l’Institut.
Deux cours conçus pour des métiers précis
Deux cours entièrement nouveaux ont été conçus, expérimentés puis validés au cours du projet. « Français pour l’informatique » comprend neuf modules qui couvrent le champ professionnel des étudiants, des réseaux à la cybersécurité et de l’internet des objets à l’intelligence artificielle. « Réussir un exposé et insertion professionnelle » prépare aux situations de l’entrée sur le marché du travail, présentation orale d’un projet technique, lettre de motivation, entretien de recrutement. Hybrides, pour moitié en présentiel et pour moitié en ligne, les deux cours sont désormais intégrés à la plateforme d’enseignement de l’Institut, avec leurs vidéos, leurs diaporamas et leurs exercices d’auto-évaluation.
Une refonte des programmes de français général
Le projet ne s’est pas limité au français de spécialité. L’ensemble des programmes de français général a été révisé, du niveau A1 au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues, autour d’une méthode récente, « Mon alter ego », qui prépare aux diplômes du DELF et au TCF, complétée d’un guide d’utilisation et de fiches pédagogiques par niveau. L’enseignement, auparavant centré sur les contenus, a été reconstruit à partir des acquis attendus des étudiants. Les supports ont été soumis à une expertise universitaire extérieure, confiée à Madame Trịnh Thùy Dương, doyenne du Département de français de l’École normale supérieure de Hanoï, et à Madame Stéphane-Laure Caubet, puis expérimentés en conditions réelles avant validation. Une formation de formateurs, organisée à Đà Nẵng en août 2026, a permis à l’équipe enseignante de s’approprier ces approches.
Une association étroite du monde professionnel
Les entreprises ont été associées dès la conception des contenus. Des experts de Globant Vietnam et du cabinet 8S2BUSINESS en ont apprécié la pertinence professionnelle, tandis que Schneider Electric, LINAGORA, Phenikaa-X, Hatech Automation et le Viettel Aerospace Institute fournissaient la matière des études de cas, à partir d’offres d’emploi et de candidatures réelles. Les étudiants ont réalisé devant la caméra des simulations d’entretien de recrutement, analysées ensuite avec leurs enseignantes, et l’intelligence artificielle générative a été intégrée aux modules, à la fois comme outil de travail et comme objet de réflexion éthique.
« Une formation francophone n’a de valeur pour un étudiant que si elle lui ouvre des portes au moment d’entrer dans la vie active », a souligné Nicolas Mainetti lors de la cérémonie. « L’Institut polytechnique de Hanoï a construit un enseignement du français ancré dans les métiers auxquels il prépare, et c’est cette orientation que l’AUF entend encourager dans la région. »
Les suites, discutées en séance
L’échange qui a suivi a porté sur les suites à donner. Le rapport final recommande de substituer à l’auto-évaluation des certifications reconnues, le DELF et le TCF, de développer l’évaluation entre pairs et le suivi individuel, de veiller à la charge de travail au niveau B1 et de donner plus de poids au contrôle continu, aux portfolios et aux projets de groupe. Quatre chantiers de pérennisation ont été retenus, l’extension des deux cours hybrides à l’ensemble des promotions d’ingénieurs, l’application durable des programmes révisés, l’accompagnement des étudiants vers le DELF B1 et le TCF, qui conditionnent l’accès à la mobilité internationale, et la consolidation du réseau des entreprises associées. Ces orientations rejoignent celles de l’AUF, qui fait de l’employabilité des diplômés francophones un axe central de son action en Asie-Pacifique.
Au terme de la cérémonie, l’AUF tient à saluer la qualité du travail accompli par la Section de français et par sa coordinatrice, ainsi que l’engagement de la direction de l’Institut, qui a permis de conduire à leur terme l’ensemble des activités prévues. La vitalité de la Francophonie à l’Institut polytechnique de Hanoï, portée par une équipe enseignante expérimentée et par des formations menées de longue date avec des universités francophones, donne à ces résultats toutes les chances de s’inscrire dans la durée. L’AUF adresse ses félicitations à toutes celles et ceux qui y ont contribué et reste à la disposition de l’Institut pour les étapes suivantes.