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La Francophonie comme espace de circulation des savoirs 

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Doctorant en droit international à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Hassane Djibrine poursuit un parcours qui l’a déjà conduit à travers trois continents. Le chercheur tchadien n’a jamais perdu de vue ce qui l’a porté jusqu’ici : l’adaptation et l’apprentissage.  

Originaire du Tchad, Hassane a passé son enfance à N’Djaména, la capitale du pays. Il a grandi dans un environnement où l’éducation occupait une place centrale. 
Il débute ses études universitaires en droit public à l’Université de Yaoundé II, au Cameroun. En 2024, il obtient un deuxième master en droit international et européen à l’Université d’Angers (France). Quelques mois plus tard, il vient au Canada pour commencer une thèse intitulée « Le droit du développement durable, une nouvelle branche du droit international public ? » et s’installe à Montréal. « Vivre dans un pays autre que le sien signifie aussi apprendre de nouvelles façons de vivre, de penser et d’interagir avec les gens. », explique-t-il à la lumière de toutes ces années passées entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord. 
Le droit international entre dans sa vie de manière tout aussi naturelle. Un enseignant passionné, quelques lectures, puis une curiosité qui ne cesse de grandir. Les grands enjeux qui traversent les frontières retiennent rapidement son attention. Les questions liées aux droits humains, à l’environnement ou encore au développement durable deviennent peu à peu le centre de ses intérêts de recherche. 

Trouver sa place dans un nouveau pays 

Lorsqu’il arrive à Montréal à la fin du mois d’août 2024, ce n’est pourtant pas l’université qui le marque d’abord. C’est la diversité de la ville. « J’ai découvert une ville où cohabitent des personnes venues des quatre coins du monde, des Africains, des Asiatiques, des Européens, quasiment tous les pays sont représentés ici. »  
Quelques mois plus tard, un autre aspect de la vie québécoise se rappelle à lui : l’hiver. « En France, j’avais déjà vu un peu de neige, mais pas comme ici, où pendant des mois il y en a partout. », raconte-il en riant. Pour de nombreux étudiants internationaux, les défis ne s’arrêtent toutefois pas aux températures hivernales. Il faut aussi trouver ses repères, comprendre les démarches administratives, s’installer dans une nouvelle ville et poursuivre des études exigeantes. Dans ce contexte, l’accueil reçu dès son arrivée a joué un rôle important. 
 
Son directeur de recherche, François Roch, a facilité grandement son intégration en le mettant rapidement en contact avec d’autres doctorants. Dans les premiers mois, les rencontres se multiplient. À l’université, lors de conférences, de colloques ou d’activités de réseautage, il échange avec des étudiants et des chercheurs venus d’horizons qu’il n’avait encore jamais côtoyés.  Un réseau de connaissances déjà présent à Montréal facilite également son installation. Pour lui, être accompagné lorsqu’on arrive dans un nouveau pays représente un avantage considérable, car « cela permet de gagner du temps et d’éviter certaines erreurs. Les personnes qui sont déjà là partagent leur expérience, leurs conseils et parfois même leurs réseaux. Je ne pensais pas m’intégrer aussi rapidement. », confie-t-il. 

Comme beaucoup d’autres étudiants venus de l’étranger, Hassane doit composer avec le coût du logement, de l’assurance et des dépenses courantes, tout en menant des recherches qui demandent temps et concentration.  
L’exemption des droits de scolarité supplémentaires du gouvernement du Québec ainsi que le soutien financier supplémentaire de l’AUF lui permettent de poursuivre son parcours dans de meilleures conditions. « Cela m’a permis d’étudier plus sereinement et de me consacrer pleinement à la recherche. » 

Espace de circulation des idées 

Au-delà du soutien financier, son expérience québécoise s’inscrit dans un espace auquel il demeure profondément attaché : la Francophonie. Pour lui, elle est d’abord une langue mais pas seulement. Pour lui, « La Francophonie, c’est aussi un espace de dialogue et une communauté intellectuelle. » 

Au fil des années, il a étudié dans plusieurs pays francophones, rencontré des chercheurs issus de différents continents et découvert des références académiques communes. « Dans tous les pays où j’ai étudié, on a quasiment les mêmes références intellectuelles et des échanges académiques réguliers.  Cette circulation des idées et des savoirs est au cœur de ce que j’apprécie dans cet espace partagé. » 

Participer au débat scientifique 

Sa participation à l’atelier Je publie mon article, dans le cadre de l’Université d’été organisée par l’Académie internationale de la Francophonie scientifique de l’AUF, en avril 2025, a renforcé cette conviction.  « Avant cela, je n’avais jamais suivi de formation spécifique sur la publication scientifique, » confie-t-il. La formation lui a ainsi permis de mieux comprendre les étapes de la publication scientifique : « J’ai appris des choses que je n’avais jamais apprises auparavant, alors que j’étudie à l’université depuis presque dix ans. J’ai notamment appris toutes les étapes de la publication scientifique : la conception d’un article, sa rédaction, les exigences d’une bonne écriture académique, mais aussi un point essentiel que je maîtrisais mal auparavant, le choix stratégique de la revue. » 
Une expérience concrète qui porte déjà ses fruits. Aujourd’hui, un premier article consacré aux liens entre protection de l’environnement et droits des peuples autochtones est accepté en attente de publication. Un second est en cours de rédaction et porte sur les relations entre droit international et finance durable. 
Le développement durable occupe une place centrale dans ses recherches. « C’est l’un des enjeux cruciaux du XXIe siècle », affirme-t-il. Protection de l’environnement, développement économique, droits humains : autant de questions qui, selon lui, concernent l’ensemble des sociétés et méritent d’être examinées à travers le prisme du droit international. 

Transmettre à son tour 

Dans dix ans, Hassane Djibrine se voit toujours dans le monde universitaire : « Je souhaite poursuivre une carrière à la fois dans l’enseignement et la recherche. ». Au-delà des titres ou des fonctions, c’est avant tout la transmission des connaissances qui motive son engagement : « Si mes travaux peuvent contribuer modestement à la réflexion académique, j’aurai le sentiment d’avoir eu un impact. » 
Lorsqu’on lui demande ce que cette aventure internationale lui a appris, sa réponse rejoint les deux mots qui reviennent souvent quand il parle de son parcours : l’adaptation et l’apprentissage.  

Fruit d’une collaboration entre l’AUF et le gouvernement du Québec, le programme de bourse d’exemption des droits de scolarité supplémentaires permis, depuis 2022, à 20 étudiants issus de 12 pays, de venir étudier au Québec en français. Cette dynamique sera amplifiée par le Programme international de mobilité et d’employabilité francophone (PIMEF) qui ouvrira la voie à davantage de mobilités étudiantes. 

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