Madagascar, formation en alternance : une réponse concrète aux besoins de formation
Comment former aux métiers de demain sans connaître les besoins d’aujourd’hui ? À Antananarivo, l’AUF a réuni universités et entreprises pour décortiquer ensemble les réalités du terrain. Objectif : construire une alternance qui répond enfin aux attentes des employeurs et aux aspirations de la jeunesse.
Août 2025, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) en région Afrique australe – océan Indien a piloté, dans ses locaux, un atelier aussi rare qu’indispensable : un atelier en Analyse de situation de travail (AST). Pendant plusieurs jours, des responsables des ressources humaines du groupe Axian et de ses filiales (Pulse, Yas, Stellarix, Jovena) ont travaillé côte à côte avec des enseignants-chercheurs de l’Institut supérieur de technologie d’Antananarivo (IST-T), du département Mathématiques, informatique et statistique appliquées (MISA) et de la Mention informatique et technologie (MIT) de l’Université d’Antananarivo, accompagnés par des experts en ingénierie pédagogique du Fonds malgache de formation professionnelle (FMFP) et de l’AUF. Leur mission commune : analyser concrètement les situations de travail pour créer des formations en alternance véritablement adaptées aux besoins du marché.
L’AST : identifier les besoins, pour mieux former
L’Analyse de situation de travail (AST) n’est pas un exercice théorique. Il s’agit d’une démarche rigoureuse qui consiste à observer, identifier et formaliser les compétences réellement nécessaires à l’exercice d’un métier. Pour le groupe Axian, cela s’est traduit par l’identification précise de 17 postes potentiels pour alternants dans ses différentes filiales. Pour les universités, cette analyse a permis de concevoir des référentiels de formation alignés sur les attentes du terrain plutôt que sur des programmes académiques traditionnels.
Des résultats concrets pour une rentrée 2026 opérationnelle
Le travail accompli durant cet atelier dépasse largement le cadre théorique. Il a abouti à la production de fiches métier détaillées, d’un calendrier d’alternance réaliste (alternant 1 mois en centre de formation et 2 mois en entreprise) et surtout d’une cartographie des compétences attendues dans les secteurs de l’énergie renouvelable et du numérique. Autant d’outils qui garantiront, dès janvier 2026, une immersion progressive et encadrée des étudiants tout en répondant aux besoins réels des employeurs.
La force du consortium : une diversité qui fait la différence
La particularité de cette initiative réside dans la diversité des acteurs réunis. Le monde académique a apporté son expertise pédagogique et scientifique. Le monde professionnel a partagé sa connaissance des métiers et des besoins concrets. Les experts en ingénierie de formation ont assuré la médiation et la formalisation des échanges. Cette triangulation a fait de cet atelier AST bien plus qu’un simple exercice : une véritable usine à solutions pour l’emploi des jeunes.
Et maintenant ? Les syllabus se finalisent, les appels à candidatures se préparent, les équipements nécessaires vont être remis. Cette initiative ne forme pas que des étudiants – elle construit des ponts durables entre le monde académique et économique. Preuve que l’alternance bien pensée n’est pas une alternative, mais l’avenir pour l’enseignement professionnel à Madagascar et dans toute la région. 
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