Que cherchez-vous ?

Vous cherchez plus précisément...

un membre ?
un réseau ?
un projet ?
une actualité ?
un événement ?

Sélectionnez votre région

Autour de moi
AUF - International
AUF - Afrique Australe et Océan Indien
AUF - Afrique Centrale et Grands Lacs
AUF - Afrique de l'Ouest
AUF - Afrique du Nord
AUF - Amériques
AUF - Asie-Pacifique
AUF - Caraïbe
AUF - Europe Centrale et Orientale
AUF - Europe Occidentale
AUF - Moyen-Orient

Ranya Salameh : pour une recherche ouverte et collaborative

Partager

Doyenne du Collège Doctoral de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (Liban), Ranya Salameh revient sur la genèse et l’essor des Journées nationales des doctorants, un rendez-vous scientifique annuel devenu incontournable au Liban et désormais ouvert à l’échelle régionale. Elle y souligne le rôle structurant de cet événement dans la formation et l’internationalisation des jeunes chercheurs, ainsi que l’appui de l’AUF dans son rayonnement.

Un témoignage qui éclaire les enjeux actuels de la recherche doctorale et les perspectives de coopération scientifique au service de la nouvelle génération.

  • Pouvez-vous, vous qui en êtes à l’origine, nous présenter les Journées des doctorants et leur importance pour la communauté académique de l’USEK ?

Les Journées nationales des doctorants sont nées d’une conviction profonde : tout jeune chercheur mérite un espace institutionnel pour exprimer, confronter et valoriser ses travaux. Quand j’ai été nommée doyenne du Collège Doctoral, j’ai voulu créer un rendez-vous scientifique annuel et structurant, ancré dans la culture de partage de la recherche. Ces journées constituent aujourd’hui un moment fort de la vie académique du Liban, dans un premier temps, et avec une ouverture à notre région du Moyen-Orient dans un second temps : elles rassemblent des doctorants toutes disciplines confondues, favorisent le dialogue interdisciplinaire, et incarnent notre engagement en faveur d’une recherche rigoureuse, ouverte et rayonnante. Elles témoignent également de la volonté de l’USEK de positionner son Collège Doctoral comme un acteur à part entière de l’écosystème scientifique régional et francophone.

  • Quels sont, selon vous, les principaux bénéfices pour les doctorants participant à ces journées (réseautage, visibilité, opportunités de collaboration…) ?

Ces journées offrent aux doctorants une expérience académique à la fois unique, complète et formatrice. Sur le plan scientifique, elles les confrontent à l’exercice de la communication orale devant un jury issu des différents établissements d’enseignement supérieur et un public averti, développant ainsi leur capacité d’argumentation et de synthèse. Sur le plan professionnel, elles constituent une première vitrine de leurs travaux au sein de la communauté universitaire, renforçant leur visibilité et leur crédibilité naissante. Sur le plan humain, elles tissent des liens durables entre doctorants de disciplines différentes, favorisant l’émergence de projets collaboratifs transversaux. Enfin, grâce au soutien constant de la Direction régionale Moyen-Orient de l’AUF, ces journées s’ouvrent progressivement à des participants issus d’universités partenaires de la région, offrant aux jeunes chercheurs libanais et à ceux de l’ensemble du Moyen-Orient une première et précieuse expérience d’internationalisation, une condition essentielle à leur insertion dans les grands réseaux scientifiques mondiaux.

  • Comment le réseau de l’AUF a-t-il facilité la mobilisation des universités et des jeunes chercheurs à l’échelle régionale ?

La Direction régionale Moyen-Orient de l’AUF a joué un rôle absolument central dans le rayonnement de ces journées au-delà des frontières de l’USEK. Grâce à son réseau dense d’universités membres et partenaires dans la région, l’AUF a permis de mobiliser des institutions académiques de plusieurs pays, d’inviter des jeunes chercheurs étrangers à participer, et de donner à nos journées une dimension véritablement régionale. Son soutien logistique, financier et institutionnel a conféré à l’événement une crédibilité et une légitimité accrues. L’AUF a également contribué à l’identification de conférenciers et d’experts internationaux, enrichissant considérablement la qualité scientifique des échanges. Ce partenariat illustre parfaitement la vocation de l’AUF : tisser des solidarités académiques au service de la recherche francophone, dans des contextes souvent difficiles.

  • Quelles sont vos perspectives pour les prochaines éditions de ces Journées, notamment en termes de développement et d’impact régional ?

Les prochaines éditions s’inscriront dans une logique de montée en gamme progressive. Après avoir consacré les deux premières éditions, 2023 et 2024, aux doctorants libanais toutes universités confondues, la troisième édition, en 2025, a franchi une étape décisive en accueillant des doctorants de la région Moyen-Orient, grâce à l’AUF qui a grandement facilité la mobilisation et la venue de participants issus de six pays de la région.

Dans cette dynamique, nous souhaitons renforcer davantage la dimension internationale des journées en élargissant notre périmètre géographique aux universités partenaires de l’AUF dans la région MENA, incluant les doctorants du Levant, du Golfe et du Maghreb. Nous envisageons également d’introduire des ateliers méthodologiques et des sessions de mentorat animées par des chercheurs confirmés, afin d’enrichir l’expérience des participants bien au-delà de la seule présentation de leurs travaux. À terme, l’ambition est de faire de ces journées un forum de référence pour la recherche doctorale francophone à l’échelle internationale, adossé à une publication scientifique valorisant les meilleures contributions. Un tel essor ne sera possible qu’avec le soutien continu de l’AUF, dont l’accompagnement demeure indispensable à la pérennité et au rayonnement de cet événement.

  • Quels leviers ou actions prioritaires permettraient, selon vous, de renforcer durablement la coopération scientifique au Liban, notamment pour la nouvelle génération de chercheurs ?

Dans le contexte profondément éprouvant que traverse le Liban, renforcer la coopération scientifique est à la fois une urgence et un acte de reconstruction collective. Plusieurs leviers me semblent prioritaires.

D’abord, la structuration de réseaux thématiques interuniversitaires, qui permettrait aux chercheurs libanais de travailler ensemble au-delà des clivages institutionnels et de mutualiser des ressources souvent limitées. Ensuite, le développement systématique des cotutelles de thèse avec des universités étrangères : elles offrent aux doctorants une formation d’excellence tout en les maintenant ancrés dans leur territoire et engagés dans la reconstruction du savoir national.    

Par ailleurs, il est impératif d’intégrer dans nos cursus doctoraux une formation sérieuse à la culture de projet et au montage de dossiers de financement, compétences trop longtemps négligées, et pourtant décisives pour accéder aux grands programmes nationaux et internationaux. À cela doit s’ajouter une initiation à l’entrepreneuriat académique, afin que nos jeunes chercheurs abordent leur carrière non seulement comme des producteurs de savoir, mais comme de véritables acteurs du développement, capables de traduire leurs travaux en solutions concrètes au service de la société.

Enfin, le rôle de l’AUF comme facilitateur de projets et de partenariats stratégiques demeure absolument irremplaçable pour la nouvelle génération de chercheurs libanais, une génération qui a besoin de ponts solides vers la communauté scientifique internationale, et qui mérite de les trouver.

Cartographie
Nos services

Partager cette page