Que cherchez-vous ?

Vous cherchez plus précisément...

un membre ?
un réseau ?
un projet ?
une actualité ?
un événement ?

Sélectionnez votre région

Autour de moi
AUF - International
AUF - Afrique Australe et Océan Indien
AUF - Afrique Centrale et Grands Lacs
AUF - Afrique de l'Ouest
AUF - Afrique du Nord
AUF - Amériques
AUF - Asie-Pacifique
AUF - Caraïbe
AUF - Europe Centrale et Orientale
AUF - Europe Occidentale
AUF - Moyen-Orient

À Port-Vila, une centaine de femmes ouvrent la voie d’un dialogue régional sur l’égalité

Partager


Elles étaient une centaine, parmi lesquelles des universitaires, des élues, des étudiantes, des entrepreneures et des militantes associatives, réunies les 12 et 13 mai 2026 dans l’auditorium de l’Université Nationale de Vanuatu (UNV), à Port-Vila, pour le premier Forum des Femmes Influentes.

Organisé par l’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG), unité de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), en partenariat avec l’UNV et avec le soutien du gouvernement du Canada au titre de sa Stratégie pour l’Indo-Pacifique, ce rendez-vous inaugure une série de trois forums régionaux qui se poursuivra au Cambodge en 2026, en marge du Sommet de la Francophonie, puis au Vietnam en 2027. L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) figure parmi les partenaires associés à la démarche.

Le Forum s’est ouvert sur la présentation d’un rapport documentaire signé par la consultante Lucie Nmara Nauka, qui dresse un état des lieux sans complaisance : si le Vanuatu dispose d’un cadre juridique aligné sur les standards internationaux, avec la ratification de la CEDEF dès 1995, l’adoption de la Family Protection Act en 2008 et celle de la National Gender Equality Policy 2020-2030, ces avancées formelles se heurtent à la persistance d’un droit coutumier, la kastom, qui marginalise encore les femmes en matière d’héritage, de propriété foncière et de leadership communautaire. Deux chiffres résument l’ampleur de l’écart : plus de 70 % des femmes ni-vanuataises déclarent avoir subi des violences d’un partenaire intime, selon l’enquête 2024 du Vanuatu Women’s Centre, et les femmes n’occupent qu’environ 1,9 % des sièges au Parlement national.

Pendant deux jours, conférences-débats et tables rondes ont articulé analyse universitaire, témoignages de terrain et parole politique. Le panel « Femme et pouvoir d’influence » a notamment réuni Jenny Tasale Regenvanu, première femme élue à la tête du conseil municipal de Port-Vila en 2024, et la députée Marie-Louise Milne, élue au Parlement en 2025. La seconde journée a mis en lumière un angle souvent ignoré : la place des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche, à travers les trajectoires de doctorantes et de cadres universitaires ni-vanuataises. Le Forum n’aura pas seulement été un espace de parole : il a aussi scellé un acte institutionnel, avec la présentation de l’Accord-cadre de coopération scientifique liant l’UQAM, via l’OFDIG, et l’UNV pour cinq ans, autour de la production et de la diffusion de connaissances sur l’égalité femmes-hommes dans le Pacifique.

Pour la Dr Leslie Vandeputte, directrice du Centre de langues de l’UNV, ce premier Forum aura été « une expérience inspirante et enrichissante » qui confirme la vocation de l’Université à devenir « un catalyseur de recherche, de développement d’idées et de renforcement du leadership ». Au-delà de Port-Vila, cette première étape inscrit le Pacifique francophone, longtemps tenu à la périphérie des grands débats régionaux sur le genre, dans une conversation qui le relie désormais à l’Asie du Sud-Est francophone. Pour l’AUF, dont l’antenne de Port-Vila accompagne depuis plusieurs années le développement de l’enseignement supérieur francophone au Vanuatu, ce premier rendez-vous signale l’émergence d’un écosystème francophone du genre dans le Pacifique, un écosystème dont les prochains Forums diront s’il est appelé à s’institutionnaliser.

Cartographie
Nos services

Partager cette page