Dans le cadre du programme de bourse de recherche Globalink, Cristhian Luna Benavides, étudiant en génie civil à l’Université nationale de Colombie, a réalisé un stage de trois mois à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), au Québec. Ce projet, soutenu par Mitacs et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), a combiné coopération environnementale, modélisation hydro-climatique et immersion dans la francophonie scientifique.
Durant l’été 2024, ce jeune chercheur colombien a intégré une équipe de l’INRS spécialisée dans l’étude des crues saisonnières dans un contexte de changement climatique. Un séjour de douze semaines qui lui a permis de contribuer activement à un projet scientifique ambitieux, tout en s’immergeant dans un environnement de recherche en français.
Encadré par le professeur Alain N. Rousseau, spécialiste en hydrologie, le stagiaire a contribué à la collecte, au traitement et à l’analyse de données climatiques régionales. L’objectif du projet était de mieux comprendre la variabilité des débits de crue dans le Québec méridional, à partir de projections climatiques récentes et d’outils de modélisation avancés. Le travail de Cristhian s’est notamment concentré sur la structuration d’une base de données et le test d’algorithmes en analyse hydrologique, intégrés à des recherches en cours, dont une thèse de doctorat menée à l’INRS.
Les résultats obtenus ont été partagés lors du Symposium Ouranos 2025, à Montréal, preuve concrète de l’intégration de son travail dans les dynamiques de recherche de l’institut. Un stage dont les enjeux allaient bien au-delà d’une simple initiation à la recherche.
L’un des aspects marquants de cette expérience fut sans doute l’immersion linguistique. Tout au long du stage, les échanges, la documentation scientifique et les présentations ont eu lieu exclusivement en français. Une immersion complète dans la francophonie scientifique, que Cristhian a accueilli avec enthousiasme :
« Ce stage a comblé mes attentes : un apprentissage académique de qualité, une équipe accueillante, et une immersion francophone inoubliable. »
Cette mobilité lui a permis de renforcer ses compétences techniques, mais aussi ses capacités en communication scientifique, dans une langue qui n’est pas celle de ses études universitaires habituelles. « Ce stage a été déterminant dans mon parcours », ajoute-t-il.
L’expérience a également renforcé la collaboration entre l’INRS et l’Université nationale de Colombie, deux institutions animées par des objectifs communs en matière de recherche sur le climat. Le professeur Rousseau souligne que ce partenariat pourrait se poursuivre : « Nous sommes motivés à continuer la collaboration interinstitutionnelle avec l’Université nationale de Colombie. Les intérêts de recherche communs dans le domaine de la science du climat et de l’hydrologie permettront d’élaborer et de concrétiser d’autres ententes futures. »
Au-delà des résultats scientifiques, ce stage incarne la richesse des échanges que permettent les mobilités internationales : une science ouverte, connectée, nourrie par la diversité des perspectives.
En soutenant des projets comme celui-ci, Mitacs et l’AUF participent à la construction d’une communauté scientifique engagée, où la coopération internationale et la diversité linguistique deviennent des leviers pour une recherche porteuse de sens.
Comme l’écrivait le chimiste et penseur du progrès scientifique francophone Marcellin Berthelot :
« La science ne renverse pas à mesure ses édifices ; mais elle y ajoute sans cesse de nouveaux étages et, à mesure qu’elle s’élève davantage, elle aperçoit des horizons plus élargis. »
Un horizon que ces jeunes chercheurs contribuent, chaque jour, à repousser.
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Le programme Globalink, piloté par Mitacs — un organisme canadien sans but lucratif qui soutient la recherche et l’innovation — permet à de jeunes chercheurs du monde entier de participer à des projets de recherche appliquée de 12 à 24 semaines, au sein d’établissements d’enseignement supérieur, au Canada comme à l’étranger. L’AUF a cofinancé le projet, réaffirmant son engagement à favoriser une mobilité scientifique francophone, inclusive et solidaire.