Lauréate de la finale libanaise de « Ma thèse en 180 secondes » 2026, Ghina Hage Chehade, doctorante à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, mène des recherches sur les bioplastiques biodégradables. Déjà distinguée en 2025 par le prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science – Jeunes Talents pour la région du Levant, elle revient sur son parcours, les enjeux environnementaux de ses travaux, et l’importance de rendre la science accessible à tous.
Témoignage.
Qu’est-ce qui vous a motivée à participer au concours « Ma thèse en 180 secondes » ?
J’ai souhaité y participer afin de relever le défi de présenter plusieurs années de recherche en seulement trois minutes, de manière claire, concise et accessible à un public non spécialiste. Encouragée par mes directeurs de thèse, j’y ai vu une belle occasion de sortir du cadre académique et de partager mon travail autrement.
En tant que chercheuse, je considère qu’il est essentiel de savoir communiquer ses travaux au-delà de la communauté scientifique. Ce concours représentait donc une excellente opportunité de développer mes compétences en vulgarisation scientifique, de prendre du recul sur ma recherche et de mettre en valeur mon travail auprès d’un public plus large.
Pouvez-vous expliquer brièvement le sujet de votre thèse et pourquoi il est important ?
Ma thèse porte sur la production de bioplastiques biodégradables, appelés des polyhydroxyalcanoates ou PHA, à partir de bactéries halophiles, c’est-à-dire de bactéries capables de vivre dans des milieux très salés.
L’objectif est d’explorer les marais salants d’Enfeh, au Liban, afin d’identifier des bactéries capables de produire naturellement ces biopolymères, puis d’optimiser leurs conditions de culture pour améliorer la production et caractériser le bioplastique obtenu.
L’un des aspects les plus intéressants de ce travail est que les environnements salins libanais restent encore peu explorés du point de vue microbiologique. Ils pourraient abriter une diversité de micro-organismes aux propriétés encore méconnues, présentant un potentiel intéressant pour des applications biotechnologiques. Mon travail contribue ainsi à mieux connaître cette biodiversité locale et à potentiellement valoriser une ressource naturelle de notre pays.
Cette recherche répond également à un enjeu environnemental majeur : la pollution liée aux plastiques conventionnels, qui persistent longtemps dans l’environnement. Les PHA représentent une alternative prometteuse, car ils sont produits naturellement par des micro-organismes et peuvent être biodégradables.
À travers ce projet, j’espère donc contribuer à la fois à l’exploration de la biodiversité microbienne libanaise et au développement de solutions plus durables pour réduire la pollution par les plastiques.
Quels ont été les principaux défis que vous avez rencontrés en résumant votre thèse en seulement 180 secondes ?
Le principal défi était de réussir à synthétiser plusieurs années de recherche en seulement trois minutes, tout en conservant les éléments essentiels de mon travail. Il fallait trouver le bon équilibre entre la précision scientifique et la simplicité du discours, afin de rendre mon sujet compréhensible à un public non spécialiste sans en perdre le sens. Cela m’a demandé de faire des choix, de hiérarchiser les informations et de réfléchir à la manière la plus claire et la plus pertinente de présenter ma recherche.
Quels sont vos projets futurs en termes de recherche et de carrière ?
Mon objectif à court terme est de mener à bien mon doctorat et de poursuivre mes travaux de recherche dans le domaine des sciences pharmaceutiques et biologiques.
Après mon doctorat, j’aimerais poursuivre mon parcours scientifique à travers un postdoctorat, idéalement dans un environnement de recherche international, afin d’approfondir mes connaissances, d’acquérir de nouvelles compétences et de développer des collaborations scientifiques.
À plus long terme, je souhaite contribuer activement au développement de la recherche scientifique à travers des projets ayant un impact concret, notamment dans le domaine de la santé. J’aimerais également participer au partage des connaissances et à la formation des futures générations de chercheurs.
Pour moi, la recherche ne consiste pas uniquement à faire avancer les connaissances, mais aussi à transmettre ce savoir et à contribuer, à mon échelle, au progrès scientifique et à la société.