Lauréate de la finale égyptienne du concours « Ma thèse en 180 secondes » édition 2026, Rana Safi est doctorante en droit civil à l’Université Ain Shams, Le Caire, où elle enseigne également. Ses recherches interrogent l’évolution du contrat et son rôle dans la réalisation de la justice sociale. Elle revient sur son parcours, son expérience de vulgarisation scientifique et sa conviction que la recherche doit être accessible à tous et contribuer au progrès de la société.
Témoignage.
Pourquoi avez-vous décidé de participer au concours « Ma thèse en 180 secondes » ?
Je dois avouer que je ne connaissais pas ce concours avant d’y participer. En juillet, l’un de mes collègues à la faculté m’a transmis le lien vers l’appel à candidatures. En découvrant le concept du concours, j’ai été très intéressée par le défi qu’il représentait : comment vulgariser mes travaux de recherche auprès d’un public non spécialiste, et comment y parvenir en seulement trois minutes ?
Mon esprit de compétition m’a poussée à relever ce défi. J’ai pensé que cette participation serait l’occasion de présenter mes travaux de recherche devant un public, d’améliorer mes compétences en expression orale et de surmonter le trac que l’on ressent lorsqu’on monte sur scène. Je souhaitais également vivre une nouvelle expérience et rencontrer d’autres doctorants issus de disciplines variées.
Au-delà du prix, qu’est-ce que cette expérience vous a apporté, tant sur le plan personnel que professionnel ?
MT180 a été une expérience très enrichissante pour moi. Sur le plan personnel, j’ai eu l’occasion de surmonter mon appréhension en présentant mon sujet de thèse devant un public. A l’issue de ma présentation, des étudiants de la faculté des lettres m’ont fait part de leur intérêt pour mon sujet, ce qui m’a beaucoup plu.
À ce stade du parcours doctoral, l’incertitude et le doute nous accompagnent malheureusement souvent. Les réactions que j’ai reçues ce jour-là m’ont donné davantage confiance en moi, et ont renforcé mon désir de faire connaître ma thèse à un public plus large.
J’ai également pu renouer avec la communauté francophone en Égypte, ce qui m’a fait très plaisir, car je n’ai pas souvent l’occasion d’utiliser le français au quotidien.
Sur le plan professionnel, j’ai particulièrement apprécié le défi que représente la vulgarisation d’un sujet complexe. Simplifier les termes juridiques, rendre mon sujet compréhensible et accessible, et résumer plus de deux années de recherche en 180 secondes, était difficile. Cet exercice m’a toutefois permis d’améliorer ma capacité à aller à l’essentiel et à exprimer mes idées plus clairement, sans les compliquer inutilement. Je suis désormais convaincue d’être mieux préparée à communiquer les idées essentielles de ma thèse, aussi bien auprès de la communauté scientifique que du grand public.
Selon vous, quelles sont les qualités essentielles d’un chercheur pour transmettre ses travaux au-delà du cercle universitaire ?
Pour transmettre ses travaux au-delà du cercle universitaire, un chercheur doit avant tout maîtriser son sujet. Il est essentiel de savoir quoi dire et d’accepter de laisser certains détails au second plan pour mieux faire ressortir le message principal.
Il faut également être capable de rendre des idées complexes accessibles sans compromettre la rigueur scientifique. Le recours aux métaphores et aux exemples du quotidien peut aider le public à mieux comprendre le sujet et à s’y intéresser, notamment en lui montrant comment les travaux de recherche peuvent avoir des répercussions concrètes sur sa vie.
À mes yeux, la qualité la plus essentielle d’un chercheur est sa capacité à mettre ses travaux au service de la société. Après tout, nous consacrons des années à faire progresser les connaissances pour que notre savoir soit accessible et puisse profiter au plus grand nombre.
Quels sont vos projets pour la suite ?
Je consacre tous mes efforts à terminer ma thèse et à la soutenir dans les meilleurs délais, idéalement en 2027, dans l’espoir de devenir ensuite maître de conférences.
Je reste également à l’affût de nouvelles occasions de présenter mes idées, que ce soit lors de colloques ou de symposiums scientifiques, ou dans le cadre d’expériences originales comme le concours « Ma thèse en 180 secondes ».
J’espère aussi être sélectionnée pour la finale internationale, qui me permettrait de présenter mes travaux à un public international plus diversifié et de vivre une nouvelle expérience tout aussi enrichissante.