Plus de 250 participantes et participants, en présentiel ou en ligne, ont pris part à la table ronde 2026 des observatoires partenaires de l’AUF, le 27 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal sur un thème d’actualité : l’égalité de genre.
La table ronde intitulée « Égalité de genre dans la Francophonie : quand les observatoires révèlent quelques surprises » a réuni les trois équipes de direction des laboratoires. Ces chercheurs ont croisé leurs analyses et leurs données afin d’éclairer autrement les dynamiques de genre dans l’espace francophone.
L’événement a été ouvert par Antoine Rauzy, directeur de l’AUF-Amériques, qui a réaffirmé, à l’occasion de ce rendez-vous scientifique, l’importance d’une Francophonie scientifique capable de se doter d’outils de recherche robustes pour travailler sur ses propres enjeux et de mettre les analyses ainsi produites au service du public et des décideurs. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où, comme il l’a souligné, « les données probantes et fiables sont plus que jamais nécessaires dans tous les domaines de notre vie ».
A son tour, Alain Olivier, directeur de la Francophonie et de la Solidarité internationale au ministère des Relations internationales et de la Francophonie, a insisté sur le rôle essentiel des données et de la recherche pour éclairer les politiques publiques en matière d’égalité, un principe qui a guidé l’action du Québec sur le plan international au cours des dernières années. “Il est important pour le Québec de manifester son appui direct à l’avancement des droits des femmes. À cet égard, la Francophonie institutionnelle apparaît comme l’un des principaux espaces d’intervention où le Québec s’investit activement pour faire progresser ces droits.”, affirme-t-il.
Des « surprises statistiques » qui interrogent les évidences
En s’appuyant sur l’infrastructure de données ouvertes de l’OFDIG, elle a révélé des écarts inattendus entre pays et régions de la francophonie, notamment dans trois domaines clés : les milieux économiques, les systèmes éducatifs et l’enseignement supérieur.
Son analyse met en lumière une question centrale liée aux données : l’écart entre les cadres législatifs et les réalités sociales observées sur le terrain. Elle a montré que certaines dynamiques demeurent contre-intuitives, voire invisibilisées, selon les indicateurs mobilisés, qu’il s’agisse des freins à l’entrepreneuriat et à l’autonomisation économique, de la place des femmes en recherche ou encore des avancées éducatives aux niveaux primaire et secondaire.
La co-directrice de l’OFDIG a également insisté sur un enjeu méthodologique central : la nécessité de disposer d’une infrastructure de données harmonisée et ouverte. Rendre les données comparables, les écarts discutables et les décisions mieux informées constitue, selon elle, la véritable valeur ajoutée d’un tel dispositif.
Son intervention a révélé, de manière parfois surprenante, que l’égalité n’est pas seulement un objectif social, mais un véritable moteur de création de valeur dans la francophonie économique, en comparant les réalités du Nord (Canada, Europe) et de l’Afrique francophone. À partir des données de l’OFÉ, il a mis en lumière des défis persistants tels que les inégalités d’accès aux services financiers, les poids de l’économie informelle touchant surtout les femmes, les obstacles au retour dans l’économie formelle, l’adoption limitée du numérique par les PME ainsi que la vulnérabilité climatique des zones rurales.
Son intervention a montré ainsi que les femmes, au cœur de ces économies mais particulièrement exposées, malgré le potentiel qu’elle représente. Le Directeur de l’OFE a également proposé des pistes concrètes pour transformer cette réalité en levier de développement durable.
Son analyse met en évidence des écarts de perception entre les hommes et les femmes pour expliquer certaines surestimations des compétences. Toutefois, ces différences s’atténuent, voire disparaissent, lorsqu’on tient compte du niveau d’éducation, ce qui souligne le rôle déterminant des politiques éducatives dans la réduction des inégalités de genre.
Les présentations ont suscité de nombreuses questions et nourri des échanges animés, tant en présentiel qu’en ligne. Plusieurs participants ont toutefois regretté la brièveté de l’événement. Dans la continuité de cet événement, les organisateurs proposeront une série de balados permettant aux expertes et experts des observatoires de prolonger les discussions.
Certaines questions n’ayant pu être traitées faute de temps, les organisateurs entendent prolonger la réflexion. Dans la continuité de cette table ronde, une série de balados réunissant les experts de nos observatoires sera proposée, avec l’objectif de poursuivre les échanges et de contribuer à éclairer les débats.
Il s’agissait de la troisième édition de cette table ronde, appelée à devenir un rendez-vous annuel. Chaque année, au mois de la Francophonie, l’événement explore une thématique différente, au croisement des enjeux scientifiques et sociétaux.