Cette réussite exceptionnelle témoigne, malgré des signaux parfois contraires, de la confiance que suscitent les universités et de la capacité d’une société à se mobiliser pour soutenir l’enseignement supérieur et la recherche.
Une mobilisation collective pour le savoir
Cette réussite repose sur la contribution de grands donateurs, dont la Fondation Courtois, qui a apporté près de 300 millions de dollars, ainsi que Québecor et la Fondation Chopin-Péladeau, qui ont contribué conjointement à hauteur de 40 millions. D’autres fondations, comme la Fondation Marcelle et Jean Coutu et la Fondation Molson, soutiennent des projets ciblés.
Mais cette campagne se distingue également par l’ampleur de la participation individuelle. Parmi les 46 000 contributeurs, plus de 30 000 sont des diplômées et diplômés de l’UdeM et plus de 40 000 personnes ont effectué un don inférieur à 1 000 dollars.
Les sommes recueillies permettent à l’université de renforcer ses trois grandes missions : former les étudiants, faire progresser la recherche et mettre ses compétences au service de la société. Cette mobilisation se traduit déjà par des réalisations concrètes. Près de 12 000 étudiantes et étudiants ont bénéficié de bourses, tandis que près de 482 millions de dollars sont consacrés au soutien de la recherche et de l’innovation et 268 millions aux infrastructures. Les projets concernent notamment les matériaux durables, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la génomique et la médecine de précision.
La philanthropie permet aussi de développer des centres de simulation pour la formation en médecine vétérinaire, des cliniques universitaires accessibles à la population ou encore un réseau d’écoles associées où chercheurs, enseignants et étudiants travaillent avec les établissements scolaires confrontés à des difficultés socio-économiques.
Des moyens nouveaux pour préparer l’avenir
Au-delà des réalisations immédiates, cette mobilisation donne à l’Université de Montréal les moyens d’engager des projets scientifiques ambitieux et de les inscrire dans la durée. Le développement de l’Institut Courtois, consacré notamment à la recherche sur les nouveaux matériaux, en est une illustration. L’augmentation du fonds de dotation de l’université, passé de 300 à 650 millions de dollars, renforce également sa capacité à soutenir durablement la recherche, les bourses et de nouvelles initiatives grâce aux revenus récurrents qu’il génère.
Ces ressources philanthropiques ne se substituent cependant pas au financement institutionnel des universités.Comme l’a rappelé Daniel Jutras, recteur de l’UdeM, dans un entretien accordé à Radio-Canada, elles ne sont pas destinées à combler les besoins du budget de fonctionnement. Elles permettent en revanche de réaliser des projets qui seraient difficilement envisageables sans cet apport. Elles jouent aussi un rôle de levier, en complétant les investissements publics et les ressources propres de l’université. La philanthropie vient ainsi renforcer le financement institutionnel, indispensable à la continuité des missions universitaires, et ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche, la formation et l’engagement dans la société.
Une réussite exceptionnelle pour une université francophone
L’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) se félicite de cette réussite exceptionnelle de l’Université de Montréal, membre de son réseau. Elle salue un exploit qui témoigne de la confiance accordée à l’enseignement supérieur et qui, conjugué aux financements publics, permettra de nouvelles avancées dans la formation, la recherche et l’engagement de l’université au service de la société.