Recteurs, présidents et responsables universitaires de dix pays d’Europe centrale et orientale se sont donné rendez-vous à l’Université Nationale de Science et Technologie POLITEHNICA Bucarest ce 18 septembre pour la Conférence annuelle de la C2R-ECO. Accueillie par POLITEHNICA Bucarest la rencontre a rassemblé plus de 70 participants de 47 établissements membres : la preuve de la vitalité des synergies francophones dans la région.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique des Conférences Régionales des Recteurs (C2R), créées par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) pour resserrer les liens avec ses établissements membres, approfondir la qualité de ses relations avec eux et dynamiser son réseau dans chacune de ses régions. Instances d’échange et de concertation, elles rassemblent les premiers responsables des établissements membres de l’AUF, avec le dessein d’en faire une force de proposition au service du développement de la Francophonie scientifique et de la coopération inter-universitaire dans le monde.
Pourquoi une C2R régionale ?
Une C2R recouvre plusieurs missions :
– susciter des projets de coopération entre différentes C2R (Inter-C2R)
– mettre en réseau les établissements membres de l’AUF d’une même région du monde, pour faciliter les contacts et les concertations
– contribuer à l’harmonisation et à une meilleure intégration de la stratégie de l’AUF dans les régions
– constituer une force de proposition pour enrichir la stratégie et les actions de l’AUF, à l’échelle globale comme régionale
– porter des projets de coopération entre les membres d’une même C2R (Intra-C2R).
Chaque C2R vit comme un réseau qu’il faut faire vivre au quotidien : elle doit assumer les rôles qui lui sont confiés et faire émerger, avec l’AUF, des propositions en phase avec sa stratégie.
Le mandat du nouveau Président élu, le bilan des activités de l’AUF en Europe centrale et orientale, la stratégie de l’AUF 2026-2029, ainsi que plusieurs panels thématiques, ont ponctué cette journée.
Confrontées simultanément aux mutations technologiques et numériques, aux enjeux climatiques et environnementaux, aux transformations du marché du travail, aux tensions géopolitiques, aux mouvements de population et à la nécessité de renforcer la cohésion de leurs sociétés, les universités de la région ne peuvent plus se limiter à produire et transmettre des connaissances : leur responsabilité collective va bien au-delà.
Dans ce contexte, la conférence n’a pas seulement joué un rôle institutionnel : elle s’est imposée comme un véritable outil collectif au service des universités de la région. Les échanges ont été stimulants, nourris par des témoignages sur les initiatives déjà à l’œuvre dans les établissements membres. De ces discussions se sont dégagées des priorités claires, portées par le Président nouvellement élu, Mihnea Costoiu.
Gouvernance
Dans le respect de la diversité des pays de la région, le nouveau Bureau de la C2R-ECO a également été constitué :
– Vice-présidente : Mme Salwa Nacouzi, Rectrice de l’Université française en Arménie
– Vice-président : M. Alexandru Stratan, Recteur de l’Académie d’études économiques de Moldavie
– Vice-président : M. Muhammed Uludağ, Recteur de l’Université Galatasaray, Türkiye.
Trois commissions thématiques poursuivront le travail engagé, en cohérence avec les priorités fixées par la C2R-ECO : l’Internationalisation, l’IA générative et les Compétences linguistiques et employabilité.
Une nouvelle feuille de route
C’est dans ce même esprit que des priorités ont été présentées au terme de la journée, qui seront regroupées dans une Résolution. Cette Résolution est proposée aux recteurs et présidents des établissements membres de la C2R-ECO pour adhésion. Elle posera les bases d’un « Agenda universitaire régional en faveur des ODD ».
Le texte affirme une ambition nette, celle de transformer la C2R-ECO, jusqu’ici réseau de représentation, en une véritable communauté d’action, capable de peser sur les grands enjeux régionaux. La coopération universitaire y est présentée comme un levier de paix et de développement durable, portée notamment par un nouveau réseau dédié, « C2R-ECO Universités – Paix, résilience et démocratie ».
La résolution insiste également sur le renforcement de l’internationalisation, des alliances européennes et des mobilités étudiantes et académiques, tout en plaçant l’innovation numérique et l’intelligence artificielle au cœur des priorités communes, jusqu’à l’élaboration annoncée d’une charte interuniversitaire sur leur usage éthique. Elle affiche l’ambition de donner à la C2R-ECO un rayonnement institutionnel accru auprès des acteurs nationaux, européens et internationaux. Concrètement, pour la période 2026-2028, cinq projets prioritaires toucheront aux formations co-diplômantes, à l’insertion des étudiants internationaux francophones, au dialogue universitaire pour la paix et la démocratie, à la coopération sur l’intelligence artificielle et à l’accompagnement des établissements dans les alliances européennes.
Autant de chantiers qui traduisent une volonté commune de transformer la coopération académique régionale en résultats concrets, au service du dialogue interculturel, de la jeunesse et du développement durable.
L’événement n’est pas passé inaperçu ; plusieurs médias roumains s’en sont fait l’écho : Euronews, RFI România, Nineo’clock, Agerpres.