Trente ans après, un cadre de référence à actualiser face aux mutations de l’enseignement supérieur
Adoptée il y a près de trente ans, la Recommandation de 1997 demeure le seul instrument normatif mondial dédié spécifiquement à la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur. Instrument non contraignant, elle offre un cadre de référence international portant notamment sur la liberté académique, l’autonomie institutionnelle, les responsabilités professionnelles, les conditions d’emploi, le développement professionnel et la protection sociale des personnels concernés. Elle complète la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant, centrée quant à elle sur l’enseignement primaire et secondaire.
Depuis son adoption, le paysage de l’enseignement supérieur a profondément changé : essor du numérique, transformation des systèmes d’apprentissage, creusement des inégalités, urgence climatique et démographique, pressions croissantes sur la liberté académique et évolution des conditions de travail. On recense aujourd’hui plus de 22 000 établissements accrédités dans le monde. Ces mutations, largement absentes du texte original, justifient une révision destinée à ancrer la Recommandation dans les réalités contemporaines et à en conforter la pertinence en tant que cadre de référence pour les gouvernements, les établissements, les personnels enseignants et l’ensemble des parties prenantes.
Contribuer à l’avenir de la condition du personnel enseignant du supérieur : l’engagement de l’AUF dans le processus de révision
À travers la participation de Pr. Olfa Zéribi, Directrice régionale AUF – Europe Occidentale et membre du Groupe d’experts indépendants à titre d’experte indépendante, l’AUF a porté la voix de son réseau de plus de 1 000 établissements d’enseignement supérieur et de recherche francophones. Les contributions de l’Agence ont notamment mis en avant l’importance de préserver la liberté académique et l’autonomie institutionnelle, tout en intégrant les enjeux émergents liés à l’intelligence artificielle, à la science ouverte, au leadership académique, à l’inclusion, à l’attractivité des carrières scientifiques et au bien-être des personnels.
Le processus de révision, piloté par l’UNESCO selon une démarche inclusive et consultative, se déploie en trois phases : une phase de préparation (revue de littérature et travaux préparatoires, fin 2025), une phase de consultations techniques portée par le Groupe d’experts indépendants (premier et deuxième trimestres 2026), puis une phase de consultations formelles avec les États membres, en vue d’une adoption par la Conférence générale de l’UNESCO (troisième trimestre 2026 – quatrième trimestre 2027).