Du 23 juin au 28 juillet 2026, l’AUF a organisé un cycle de cinq webinaires sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans l’enseignement supérieur. Quatre experts belge, suisse et vietnamiens et plus de 900 participants de plus de 30 pays ont échangé sur la pédagogie, l’évaluation, la maturité numérique des établissements et la gestion de projets à l’ère de l’IA.
À ces webinaires se sont inscrits plus de 900 responsables, enseignants-chercheurs et personnels de soutien venant de plus 180 établissements d’enseignement supérieur et de recherche, d’administration publique, organisations de coopération et entreprises, basés dans plus de 30 pays de plusieurs régions du monde. Les espaces de services CNF-CEF de l’AUF se sont fortement mobilisées au service du dialogue multi-acteurs de la Francophonie scientifique sur des questions que pose l’IA vis-à-vis de l’éducation et de la recherche.
Repenser la façon d’enseigner avec l’IA
Plusieurs intervenants ont insisté sur un point commun : l’IA ne doit pas être ajoutée simplement comme un nouvel outil, mais doit changer la façon d’enseigner. Prof. Gaëtan Temperman (Université de Mons) a ouvert le cycle en présentant trois façons d’utiliser l’IA en éducation : apprendre sur l’IA, apprendre avec l’IA, et apprendre grâce à l’IA. Il a aussi expliqué l’« effet Boucle d’Or » : l’apprentissage fonctionne mieux quand la difficulté d’un exercice s’adapte, en temps réel, au niveau de l’étudiant.
Prof. Jean-François Van de Poël (Université de Lausanne) a poursuivi cette réflexion. Grâce au modèle TPACK, il a montré que l’IA change à la fois ce que les enseignants doivent savoir, comment ils enseignent, et les outils qu’ils utilisent. Il a encouragé les enseignants à revoir complètement leurs activités, plutôt que d’ajouter l’IA sans rien changer. Il a aussi parlé de l’évaluation des étudiants : plutôt que de revenir aux examens surveillés en salle, il propose de vérifier le travail des étudiants à chaque étape (carnet de bord, historique des questions posées à l’IA, déclaration d’usage, versions successives du travail).
Mieux gérer l’arrivée de l’IA dans les universités
Toujours avec Jean-François Van de Poël, une autre session a présenté l’outil COMPASS, qui permet à un établissement de faire le point sur son niveau de préparation face à l’IA : gouvernance, matériel, formation des enseignants et des étudiants, etc. Cet outil prend aussi en compte l’accessibilité, la protection des données et l’usage responsable de l’IA. Le message clé : les universités doivent choisir comment utiliser l’IA, plutôt que de simplement la subir.
Et dans les entreprises ?
Pour finir, M. Trần Khánh Tùng (Capgemini Vietnam) et M. Lê Khắc Nhiên An (PMI Vietnam Chapter) ont montré comment l’IA aide déjà les chefs de projets informatiques au quotidien : planifier le travail, écrire des rapports, repérer les risques, et communiquer plus facilement. Leur message rejoint celui des autres sessions : l’IA peut beaucoup aider, mais la qualité du résultat dépend de la qualité des questions posées, et c’est toujours l’humain qui décide.
Une transformation à accompagner
De la salle de classe jusqu’à l’entreprise, ce cycle de webinaires a montré une même idée : l’IA n’est ni un danger à éviter, ni une solution magique. C’est un outil puissant, qui demande réflexion et responsabilité pour être bien utilisé. À travers cette série de webinaires, l’AUF Asie-Pacifique réaffirme son engagement en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur francophone et du renforcement des capacités des communautés universitaires. En favorisant le dialogue entre experts internationaux, professionnels et acteurs universitaires, ce programme a permis de valoriser l’approche francophone dans la construction d’une culture partagée de l’IA, fondée sur la coopération académique, l’innovation pédagogique et la confiance dans les compétences humaines.