Trois minutes, une diapositive, des années de recherche à partager en français : le 21 octobre 2026, douze doctorantes, doctorants et jeunes docteurs de sept pays ont relevé en ligne le défi de la finale régionale Asie-Pacifique de « Ma thèse en 180 secondes » (MT180), organisée par l’AUF. Le jury a distingué M. Trần Quang Vinh (Vietnam), Mme Tsetsegbayar Bayarmagnai (Mongolie) et Mme Bùi Thị Hương Thảo (Vietnam).
Pour sa deuxième édition, la finale régionale Asie-Pacifique s’est déroulée pour la première fois entièrement en ligne : finalistes et membres du jury l’ont rejointe chacun depuis leur pays. Les candidats représentaient des universités de Chine, de Corée du Sud, d’Inde, du Japon, de Mongolie, de Singapour et du Vietnam.
En ouvrant la finale, Nicolas Mainetti, directeur régional Asie-Pacifique de l’AUF, a rappelé le sens du concours : « Savoir expliquer sa recherche, c’est la rendre utile : permettre à une découverte de sortir du laboratoire, de convaincre un financeur, d’éclairer une décision publique, ou simplement d’éveiller la curiosité. Et le faire en français, c’est montrer que le français reste une langue de science vivante, ici, en Asie et dans le Pacifique. »
Le palmarès
Au terme des délibérations, le jury, composé de Nicolas Mainetti, de M. Trần Văn Công, responsable du CREFAP de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de M. Pierre Du Ville, délégué général Wallonie-Bruxelles au Vietnam, et de M. Denis Fourmeau, attaché de coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France au Vietnam, a désigné trois lauréats.
Premier prix : M. Trần Quang Vinh, Université de médecine de Hanoï (Vietnam). Comparant le corps humain à une ville dont le chirurgien pédiatre devient l’architecte, il a présenté les résultats d’une intervention cardiaque réalisée chez 140 enfants à l’Hôpital national pédiatrique du Vietnam, avec une survie à long terme proche de 90 %.
Deuxième prix : Mme Tsetsegbayar Bayarmagnai, Université nationale de Mongolie. Faisant du français son « cheval » pour franchir les frontières, elle a présenté sa thèse sur la coopération francophone en Asie-Pacifique et la manière dont un pays sans tradition francophone, la Mongolie, y trouve sa place.
Troisième prix : Mme Bùi Thị Hương Thảo, Université de médecine de Hanoï (Vietnam). Elle a raconté comment une fougère apparue sur Terre il y a plus de 300 millions d’années pourrait aider à mieux comprendre et maîtriser le vieillissement de la peau.
Le prix du public n’a pas pu être attribué en direct, en raison de difficultés de connexion rencontrées par les spectateurs. Il fera l’objet d’un vote en ligne, organisé prochainement sur les réseaux sociaux de l’AUF Asie-Pacifique.
Les prix sont offerts par l’Organisation internationale de la Francophonie et par la Délégation générale Wallonie-Bruxelles au Vietnam, que l’AUF remercie chaleureusement, ainsi que les membres du jury pour leur engagement.
Les lauréats pourront prétendre à une place en finale internationale, prévue en ligne à la mi-décembre 2026 : leurs prestations seront soumises à un jury d’experts du Conseil scientifique de l’AUF.
Une mosaïque de disciplines
Médecine, chimie, robotique, archéologie, tourisme, littérature, sciences de l’éducation, relations internationales : la diversité des sujets a fait la richesse de cette finale.
M. Pan Shao Wei, de l’Université nationale de Singapour, a transformé la réduction électrochimique du CO2 en recette de cuisine. Mme Dương Nguyễn Việt Hương, de l’Université de médecine et de pharmacie de Hô Chi Minh-Ville, a invité le public à fermer un œil pour faire comprendre l’enjeu des greffes de cornée au Vietnam. Mme Wei Yize, également de l’Université nationale de Singapour, a plaidé pour concevoir les robots d’assistance avec les personnes aveugles et malvoyantes, et non pour elles.
D’autres finalistes ont exploré l’histoire de la riziculture au Laos à travers les empreintes de grains laissées dans des poteries anciennes, la représentation de Pointe-Noire et de Paris dans les romans d’Alain Mabanckou, ou encore le désir de voyager autrement chez les jeunes Vietnamiens. Plusieurs candidates, venues de Corée du Sud et d’Inde, ont interrogé l’apprentissage du français lui-même : la place de l’intelligence artificielle, l’enseignement dans les cours optionnels, ou encore le recours à la chanson, à la bande dessinée et au conte en classe.
Comme l’avait souhaité Nicolas Mainetti en ouverture, tous ont montré que le jury « ne cherche pas la perfection : il cherche la clarté, la conviction, et un peu de vous dans votre recherche ».
À propos de MT180
Né au Québec en 2012 à l’initiative de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), sur le modèle du concours « Three Minute Thesis » de l’Université du Queensland, MT180 réunit aujourd’hui des finales dans l’ensemble de l’espace francophone. La région Asie-Pacifique a fait le choix d’une finale régionale unique, ouverte aux candidats de tous ses pays.
Créée en 1961, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) est le premier réseau universitaire au monde. Elle fédère 1 007 établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans 120 pays, dont 91 en Asie-Pacifique.