Face aux urgences sociales et écologiques, les formations en ingénierie sont appelées à se réinventer. Pourtant, l’éthique et les enjeux de justice sociale restent souvent considérés comme des dimensions non essentielles de la formation d’ingénieur, dans des modèles pédagogiques majoritairement technocentrés, orientés vers l’optimisation, la performance et une prétendue neutralité. Cette situation interroge les acteurs de la formation et de la profession, dans un contexte où ces enjeux prennent une place croissante dans les débats académiques et professionnels.
Dans l’espace francophone, la mutualisation des connaissances sur la justice sociale en ingénierie demeure limitée, malgré l’existence de travaux et de réseaux structurés, notamment dans les milieux anglophones. Le projet FEJI s’inscrit dans ce constat. Il vise à créer un espace transnational de réflexion et de co-construction autour de l’intégration des enjeux de justice sociale dans l’enseignement de l’ingénierie et de leur prolongement dans le monde professionnel.
Porté par un consortium interdisciplinaire et intersectoriel réunissant des universités et des associations de cinq pays francophones, le projet repose sur des enquêtes de terrain menées au Maroc et au Sénégal, combinées à l’analyse de travaux antérieurs et actuels issus d’autres contextes partenaires, dans une perspective comparative et transnationale.