De Québec à Bogotá, passant par Ottawa, la Francophonie s’est donné rendez-vous tout au long du mois de mars 2026. À travers une sélection d’initiatives, nécessairement non exhaustive tant la richesse des événements a été grande,l’AUF-Amériques a activement pris part aux temps forts : à la croisée des sphères institutionnelles, des débats scientifiques et de l’engagement étudiant.
Une Francophonie institutionnelle en dialogue avec le monde
Dans cette dynamique continentale, le jeudi 5 mars, le Groupe des ambassadeurs francophones en Colombie (GAF), qui réunit 22 pays et représentations, a tenu une conférence de presse à la Pontificia Universidad Javeriana. Les ambassadeurs des États membres du comité exécutif, actuellement présidé par la Belgique et composé de l’Égypte, du Costa Rica et de la France, ont pris la parole pour évoquer les réalisations du GAF et présenter le programme du Mois de la Francophonie. Cette conférence a également été l’occasion pour Nathalia Lamprea (Faculté de Communication et de Langage) et Aymeric Durez (Faculté de Science politique et de Relations internationales) de présenter la chaire Senghor de la Francophonie de la Pontificia Universidad Javeriana, dont ils sont co-titulaires, ainsi que les activités du réseau international des chaires Senghor auprès du corps diplomatique et des médias présents.
Dans un autre contexte, au Canada, le 16 mars à Québec, à l’occasion du lancement du rapport quadriennal La langue française dans le monde, publié par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), décideurs et experts se réunissent pour prendre la mesure d’une langue en pleine transformation.
L’événement s’est tenu au ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, en présence de la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo et du ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Christopher Skeete.
Ce rapport met en lumière le dynamisme et les perspectives de la langue française à l’échelle mondiale :
4ᵉ langue la plus parlée dans le monde
396 millions de locuteurs
2ᵉ langue étrangère la plus apprise (près de 170 millions d’apprenants)
3ᵉ langue de l’économie et des affaires
Une présence numérique en pleine évolution
Dans le prolongement de ce temps fort, le directeur régional de l’AUF – Amériques a pris part, le même jour, à la cérémonie officielle du Mois de la Francophonie. Un moment à la fois symbolique et convivial, marqué par la retrouvaille des partenaires historiques de l’Agence dans la capitale québécoise
Toujours dans le cadre du mois de la Francophonie, le 17 mars, c’est sur le terrain des idées et du débat que l’AUF-Amériques a participé à une conférence organisée par le CORIM autour du thème : « L’heure du positionnement juste : la Francophonie face au désordre mondial ». L’événement s’est tenu en présence de Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de M. Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications du Québec. La discussion était animée par Mme Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du Conseil du patronat du Québec.
Cette rencontre a permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs liés à l’avenir de la Francophonie économique, notamment les dynamiques géopolitiques actuelles ainsi que le rôle essentiel du dialogue et de la coopération dans un monde en pleine transformation.
À cette occasion, la Secrétaire générale a livré un plaidoyer fort en faveur de la découvrabilité des contenus francophones. Ce message entre en résonance directe avec les missions de l’AUF, particulièrement engagée dans la diffusion des savoirs scientifiques en français.
Dans cet esprit de collaboration, l’AUF a réuni autour de sa table plusieurs partenaires universitaires au Canada, favorisant ainsi des échanges sur les perspectives de coopération pour soutenir une Francophonie dynamique et influente.
Le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, le directeur régional de l’AUF-Amériques, Antoine Rauzy, a assisté à la réception organisée par la ministre des Affaires étrangères du Canada, à l’invitation de la secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Mona Fortier, au nom de la ministre des Affaires étrangères. Cette rencontre a constitué une nouvelle opportunité pour l’AUF de consolider les liens avec les acteurs de la Francophonie canadienne et de renforcer les collaborations avec les milieux universitaires et au-delà.
Entre « surprises statistiques » et réalités parfois contre-intuitives, les analyses croisées des observatoires révèlent des écarts inattendus entre politiques, perceptions et réalités de terrain. A titre d’exemple, selon la recherche de l’OFDIG, dans le domaine éducatif, certains pays comme la Mauritanie (1,07) ou le Burkina Faso (1,04) présentent un avantage en faveur des filles dans l’accès à l’éducation, dépassant même des pays développés.
Mais la Francophonie ne se joue pas uniquement aux sphères institutionnelles. Elle se vit aussi au quotidien, dans les universités, portée par celles et ceux qui la font évoluer.
Sur scène, lors du concours Délie ta langue, la langue française se transforme en un espace d’expression, de créativité et de partage. Les étudiants s’en emparent, la détournent, la revendiquent et en explorent toute la richesse expressive.
Initialement lancé par l’Université de Montréal, le concours est appelé à s’étendre progressivement à l’ensemble des universités canadiennes. Invitée à la finale, l’AUF-Amériques y découvre une jeunesse engagée, portée par des convictions fortes et une réelle maîtrise des enjeux contemporains. Les modalités d’une participation de l’AUF à de futures éditions sont désormais envisagées afin d’accompagner cette dynamique.
Dans le même esprit, l’AUF-Amériques à un moment de rencontre et de réflexion dédié à la promotion du français en enseignement supérieur au Canada. La journée d’étude sur la valorisation du français à l’université a été organisée conjointement par l’Université de Montréal, l’Université de l’Ontario français l’Université de l’Alberta. Chercheurs, enseignants et étudiants s’y sont réunis pour échanger sur les défis et les opportunités liés à la place du français dans les universités.
En Colombie, le jeudi 18 mars, le Centre de langues de la Faculté de communication et de langage de la Pontificia Universidad Javeriana a organisé une activité créative invitant les étudiants à concevoir des affiches. À travers celles-ci, ils ont exprimé leurs connaissances, leurs expériences et leurs visions des francophonies, tout en imaginant les futurs possibles de cette langue intégrant leur propre rapport au français. Une initiative qui illustre la manière dont la Francophonie se réinvente à travers les parcours individuels et les contextes locaux.
Quelques jours plus tard, le vendredi 27 mars, la Licence en langue moderne de cette même faculté, en collaboration avec le Bureau du Québec à Bogotá, a proposé la projection du film La langue est donc une histoire d’amour d’Andrés Livov. Ce moment cinématographique a offert un espace sensible et réflexif autour des liens entre langue, identité et attachement culturel, renforçant ainsi les échanges autour des imaginaires francophones en Amérique latine.
Cette effervescence s’est également manifestée sur le terrain de l’engagement citoyen, avec une initiative portée par le Club des Jeunes Universitaires Francophones d’Ottawa, membre du réseau de l’Association internationale des clubs leaders étudiants francophones (AICLÉF).
Les 3 et 4 mars 2026, à l’Université d’Ottawa, étudiants, enseignants et chercheurs se sont réunis autour d’un enjeu majeur : le changement climatique comme espace de dialogue entre science, société et jeunesse. Invité pour l’occasion, Habib Ayeb, géographe et réalisateur, a présenté son documentaire Sh’hili et animé un atelier méthodologique consacré à la recherche engagée.
La projection du film, suivie d’un dialogue avec le public, a permis de mettre en lumière les impacts sociaux et environnementaux du changement climatique, tout en ouvrant des perspectives d’action concrètes.
Ces rencontres ont contribué à sensibiliser les jeunes aux grandes transformations environnementales et à encourager leur engagement citoyen.
La diversité des activités du Mois de la Francophonie 2026 illustre la place renforcée qu’occupe la Francophonie dans les Amériques, à la fois dans ses dimensions politique et scientifique.