Dr Diaka Sidibé : « La connaissance se partage pour transformer le monde »

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Dans le cadre de « Mars – Mois du leadership féminin & de la francophonie », l’AUF en Afrique de l’Ouest met en lumière chaque semaine un parcours inspirant. Elles dirigent, innovent et transmettent. Aujourd’hui, rencontre avec le Dr Diaka Sidibé, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation de la Guinée.

Géologue de formation, enseignante-chercheuse et femme d’État, Diaka Sidibé incarne une certaine idée de l’engagement : celle où la rigueur scientifique épouse l’ambition de transformer la société. Depuis sa nomination comme ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, elle porte une vision claire : faire de l’université un levier de développement concret et non une simple machine à délivrer des diplômes. Rencontre avec une leader qui place la connaissance au service du progrès.

Le déclic d’une vocation

Tout a commencé par une nomination qu’elle n’avait pas anticipée. Devenir la première femme à la tête de l’Institut Supérieur des Mines et de la Géologie de Boké a été pour Diaka Sidibé un moment décisif. « J’ai compris que la recherche ne se limite pas à la connaissance académique ; elle doit irriguer le tissu économique, social et humain de notre nation. » Cette prise de conscience a orienté sa vocation : allier expertise scientifique et service public pour contribuer au progrès durable de son pays. Un parcours jalonné d’expériences internationales, dont un doctorat au Maroc, un post-doctorat en France et une participation marquante à la Bourse « Eugene Ionescu » de l’Agence Universitaire de la Francophonie, où elle a échangé avec des doctorants de toute l’Afrique francophone sur les défis du climat.

Une gouvernance participative et exigeante

À la tête d’un ministère stratégique, son style de gouvernance tient en deux mots : participatif et exigeant. « J’écoute, je questionne et je construis avec mes équipes, convaincue que la force d’une institution repose sur l’intelligence collective. Mais je sais aussi poser des exigences : la rigueur, la transparence et la redevabilité sont au cœur de ma manière de conduire les affaires. » Une philosophie qu’elle met en œuvre à travers des projets structurants, comme UNIV’LAB, initiative visant à équiper les universités de laboratoires modernes pour renforcer les liens entre recherche, industrie et communautés locales. « Le leadership ne se limite pas à la prise de décisions, il se mesure à l’impact réel de ces choix sur les générations futures. »

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3 Questions posées à ……

Dr Diaka SIDIBÉ
Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation de la Guinée

Si vous deviez résumer votre vision en une phrase, quelle serait-elle ?

Ma vision en toute humilité peut se résumer ainsi : ‘‘Mettre la connaissance au service du progrès pour construire une société juste, inventive et tournée vers l’avenir.’’

Complétez la phrase : Être leader aujourd’hui, c’est…

Être leader aujourd’hui, c’est avoir la vision et le courage de transformer les idées en actions concrètes, tout en restant profondément attentif aux personnes et à leur développement.

Avez-vous vécu une expérience marquante dans un cadre francophone ?

Oui, plusieurs. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est ma participation au programme de mobilité doctorale de la Bourse « Eugene Ionescu » de l’Agence Universitaire de la francophonie-Europe centrale et orientale, où j’ai pu représenter la Guinée et échanger avec des collègues doctorants de toute l’Afrique francophone sur les défis du climat et de la recherche scientifique.

Ces expériences m’ont montré que la coopération francophone peut être un accélérateur de progrès, qu’elle permet de mutualiser les expertises, de stimuler l’innovation et d’ouvrir des voies nouvelles pour nos jeunes et nos femmes. Elles m’ont convaincue que notre avenir dépend de notre capacité à construire et à consolider des réseaux d’excellence.

Femme et leader

Être une femme à la tête d’un ministère en Guinée n’est pas anodin. Pour elle, c’est à la fois une responsabilité et un levier. « Être une femme à ce poste n’est pas seulement symbolique : c’est un levier pour l’inclusion, la diversité et l’innovation dans nos politiques publiques. » Elle a dû dépasser des résistances, liées à son genre mais aussi à son jeune âge. Sa réponse ? « Ni le genre ni l’âge ne devraient jamais constituer un frein à la compétence, à la vision ou à la capacité de diriger. » Aujourd’hui, elle assume pleinement cette dimension symbolique : « Incarner pour de nombreuses jeunes filles la preuve que les plus hautes responsabilités sont accessibles. »

Un pont entre la science et la Francophonie

Pour Diaka Sidibé, l’espace francophone est un terrain d’opportunités et de solidarité. « Il offre aux jeunes et aux femmes des plateformes pour se former, échanger, entreprendre et se confronter à des expériences internationales enrichissantes. » Elle y voit un moyen d’élargir les horizons, de mutualiser les expertises et de stimuler l’innovation. Un levier puissant, notamment pour les femmes, qu’elle souhaite voir occuper davantage de postes de décision. « Il faut des actions concrètes : éducation, mentorat, visibilité et politiques inclusives. »

L’héritage d’une bâtisseuse

De quoi est-elle la plus fière ? D’être devenue la première femme directrice générale d’une institution d’enseignement supérieur en Guinée, puis la première femme ministre de l’Enseignement supérieur. Mais au-delà des titres, c’est l’impact durable qui compte. « Je souhaite laisser un impact qui dépasse mon mandat. Des universités qui deviennent de véritables laboratoires de créativité, d’innovation et d’excellence. » Son ambition : ancrer une culture du mérite, de l’audace et de la responsabilité partagée.

« La connaissance n’est jamais statique ; elle se construit par l’effort, se cultive par la réflexion et se partage pour transformer le monde. » Cette citation qui l’accompagne résume à elle seule le projet de Diaka Sidibé. Persévérante, innovante, engagée — les trois mots qu’elle choisit pour se définir dessinent le portrait d’une femme qui conjugue rigueur scientifique et vision stratégique.

Aux jeunes filles qui hésitent encore, elle adresse un message clair : « N’ayez jamais peur de rêver grand et de viser haut. Ne laissez personne vous persuader que certaines portes vous sont fermées simplement parce que vous êtes des femmes. Votre réussite inspire et ouvre la voie à celles qui vous suivent. »

Je refuse que nos établissements universitaires se contentent de produire que des diplômes ; je souhaite qu’ils soient des instruments de développement concret, où la connaissance trouve une application directe au service de nos communautés.

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