Femme et leader
Être une femme à la tête d’un ministère en Guinée n’est pas anodin. Pour elle, c’est à la fois une responsabilité et un levier. « Être une femme à ce poste n’est pas seulement symbolique : c’est un levier pour l’inclusion, la diversité et l’innovation dans nos politiques publiques. » Elle a dû dépasser des résistances, liées à son genre mais aussi à son jeune âge. Sa réponse ? « Ni le genre ni l’âge ne devraient jamais constituer un frein à la compétence, à la vision ou à la capacité de diriger. » Aujourd’hui, elle assume pleinement cette dimension symbolique : « Incarner pour de nombreuses jeunes filles la preuve que les plus hautes responsabilités sont accessibles. »
Un pont entre la science et la Francophonie
Pour Diaka Sidibé, l’espace francophone est un terrain d’opportunités et de solidarité. « Il offre aux jeunes et aux femmes des plateformes pour se former, échanger, entreprendre et se confronter à des expériences internationales enrichissantes. » Elle y voit un moyen d’élargir les horizons, de mutualiser les expertises et de stimuler l’innovation. Un levier puissant, notamment pour les femmes, qu’elle souhaite voir occuper davantage de postes de décision. « Il faut des actions concrètes : éducation, mentorat, visibilité et politiques inclusives. »
L’héritage d’une bâtisseuse
De quoi est-elle la plus fière ? D’être devenue la première femme directrice générale d’une institution d’enseignement supérieur en Guinée, puis la première femme ministre de l’Enseignement supérieur. Mais au-delà des titres, c’est l’impact durable qui compte. « Je souhaite laisser un impact qui dépasse mon mandat. Des universités qui deviennent de véritables laboratoires de créativité, d’innovation et d’excellence. » Son ambition : ancrer une culture du mérite, de l’audace et de la responsabilité partagée.
« La connaissance n’est jamais statique ; elle se construit par l’effort, se cultive par la réflexion et se partage pour transformer le monde. » Cette citation qui l’accompagne résume à elle seule le projet de Diaka Sidibé. Persévérante, innovante, engagée — les trois mots qu’elle choisit pour se définir dessinent le portrait d’une femme qui conjugue rigueur scientifique et vision stratégique.
Aux jeunes filles qui hésitent encore, elle adresse un message clair : « N’ayez jamais peur de rêver grand et de viser haut. Ne laissez personne vous persuader que certaines portes vous sont fermées simplement parce que vous êtes des femmes. Votre réussite inspire et ouvre la voie à celles qui vous suivent. »