Dr Milcah Chokah : « Un Kenya francophone » 

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Dans le cadre de « Mars – Mois du leadership féminin & de la francophonie », l’AUF en Afrique australe et océan Indien met en lumière chaque semaine un parcours inspirant. Elles dirigent, innovent et transmettent. Aujourd’hui, rencontre avec le Dr Milcah Chokah, enseignante-chercheuse à l’Université Kenyatta. 

De Nairobi à la Sorbonne, Milcah Chokah a tracé un chemin singulier dans le paysage universitaire kényan. À une époque où peu de Kenyans étaient formés pour enseigner le français, elle a fait de cette langue sa raison d’être. Aujourd’hui, elle forme à son tour des enseignants, transmet sa passion et porte une vision : celle d’un Kenya où la langue française a toute sa place. Rencontre avec une femme qui a su transformer une opportunité en vocation

Le déclic : de l’école normale à la Sorbonne 

Tout commence en 1983. Après cinq années d’enseignement du français au secondaire, on propose à Milcah Chokah un poste à l’École normale. Une promotion, certes, mais aussi une exigence : pour former des enseignants, il lui faut une maîtrise en français. « Un nouveau défi, mais aussi une ouverture vers de nouveaux horizons », se souvient-elle. C’est ainsi qu’elle prend le chemin de l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Un départ qui marque le début d’une carrière dédiée à la transmission et qui ancre sa trajectoire dans l’espace francophone. 

Transmettre : assiduité, curiosité, envie de découvrir 

À l’Université Kenyatta, où elle enseigne aujourd’hui, Milcah Chokah est fidèle à ses valeurs. La valeur non négociable qu’elle transmet à ses étudiants ? « L’assiduité, mais aussi la curiosité et l’envie de découvrir. » Pourtant, elle le reconnaît, connecter son enseignement aux réalités de la jeunesse kenyane n’est pas toujours facile. « J’appartiens à une génération pour qui la lecture était essentielle à la réussite scolaire. Aujourd’hui, la lecture pour les jeunes se limite au manuel. » Alors elle s’adapte. Elle suit des formations, se ressource, fait de son mieux pour « voir les choses de leur point de vue ». Une pédagogie de l’écoute et de l’ajustement. 

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3 Questions posées à ……

Dr Milcah Chokah
enseignante-chercheuse à l’Université Kenyatta

Un mot qui vous définit ?

Courage.

Votre vision en 3 mots ?

Un Kenya francophone.

Quelle est la valeur non négociable que vous transmettez à vos étudiants ?

L’assiduité, mais aussi la curiosité et envi de découvrir.

L’espace francophone : un atout, une respiration 

Pour Milcah Chokah, la francophonie n’est pas un concept lointain. « Pour nous qui ne vivons que pour et par le français, cet espace est très important. » Travailler avec le français au Kenya, dit-elle, « représente un atout important ». Un atout qu’elle mesure d’autant plus qu’elle a été, à ses débuts, l’une des rares à pouvoir l’enseigner. 

Une carrière sans obstacle, une chance assumée 

Interrogée sur les résistances ou le fameux « plafond de verre », Milcah Chokah répond avec une franchise désarmante : « J’ai eu de la chance ! » En licence, elle était la seule étudiante de français à l’Université de Nairobi. À sa première affectation, l’école l’attendait depuis des mois. « En 1978, il n’y avait pas beaucoup de Kenyans formés pour enseigner le français. Je n’ai donc pas eu d’obstacles à surmonter. » Une chance qu’elle assume, sans prétention, mais avec une conscience claire : sa présence même, à cette époque, en faisait une sorte de pionnière. 

De quoi être fière 

Aujourd’hui, ce qui remplit Milcah Chokah de fierté, c’est le rôle qu’elle a joué « dans la formation des enseignants de français au Kenya et dans la promotion de la langue française ». Une mission de fond, durable, qui dépasse sa seule personne. À une jeune étudiante qui rêverait de suivre le même chemin, elle adresse un message court, mais dense : « Avoir du courage, rester motivée et ne pas lâcher face aux défis ! » 

J’appartiens à une génération pour qui la lecture était essentielle à la réussite scolaire.

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