Élue rectrice de l’Université d’État de Moldova en 2026, je n’ai pas connu de changement majeur dans mon activité professionnelle, ayant déjà assumé la direction de l’université durant la pandémie. À cette époque, j’ai exercé les fonctions de rectrice par intérim et me suis fortement impliquée afin d’accompagner et de soutenir mes collègues dans un contexte particulièrement incertain. Depuis 2002, j’appartenais au « deuxième étage », expression employée par le personnel universitaire pour désigner l’équipe de direction. J’étais en contact permanent avec les doyens et les chefs de département. Cette communication s’est renforcée après 2010, lorsque je suis devenu vice-rectrice chargée des activités pédagogiques : je connaissais donc très bien les aspects caractéristiques de chaque faculté, les spécificités de leur culture organisationnelle.
Bien entendu, les responsabilités d’une rectrice élue sont d’une autre nature. Elles exigent une vision stratégique du développement de l’université. Les gens ont des attentes et je constate que certaines de leurs aspirations sont difficiles, voire impossibles à satisfaire. Il est facile d’être perçu comme quelqu’un capable d’améliorer les choses, mais il est plus difficile d’atteindre cet objectif. Il y a six ans, lorsque j’occupais le poste de rectrice, et encore aujourd’hui, je constate que l’environnement universitaire, perçu comme un milieu académique engagé dans la recherche et la formation de spécialistes, est quelque chose d’enrichissant et de beau. C’est en effet la mission et les objectifs d’une université, mais pour que ces objectifs soient atteints, il faut créer les conditions propices, et c’est là que réside la difficulté : l’infrastructure est cet aspect de l’université qui, bien développé, offre le confort nécessaire aux étudiants, aux chercheurs et aux enseignants. Or, l’infrastructure est un problème complexe à résoudre si elle n’est pas adaptée à notre époque, si elle a été conçue à une autre époque, à un autre siècle.
L’élément le plus important est la constitution d’une équipe de direction. On peut améliorer beaucoup de choses lorsqu’on a des collègues impliqués dans la résolution des problèmes de l’université et qui ont un fort sentiment d’appartenance à celle-ci.