Université Laval et l’AUF : six décennies de collaboration 

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Première université francophone des Amériques et membre de l’AUF depuis 1961, l’Université Laval est un acteur historique de la Francophonie scientifique au Québec et sur le continent. 

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8 Questions posées à François Gélineau

Son vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable, François Gélineau, siège au conseil d’administration de l’AUF et revient sur six décennies de collaboration.

Quelles ont été les principales motivations qui ont incité votre établissement à rejoindre le réseau de l’AUF ? En quoi l’adhésion à ce réseau s’alignait-t-elle à la vision stratégique et aux objectifs spécifiques de votre université ? 

L’Université Laval entretient depuis longtemps un engagement profond envers la Francophonie, qui constitue l’un des fondements de son identité et de sa mission. Fondée en 1852, elle est la toute première université francophone des Amériques à voir le jour. Rejoindre le réseau de l’AUF s’inscrivait naturellement dans notre volonté de contribuer activement au rayonnement du savoir en français, de renforcer les collaborations universitaires internationales et de participer aux grands enjeux de développement des sociétés francophones. 

L’adhésion à l’AUF est pleinement cohérente avec notre vision stratégique, qui repose notamment sur l’ouverture au monde, l’excellence en recherche et en formation, ainsi que sur le développement de partenariats porteurs d’impact. Dans un contexte mondial marqué par de profondes transformations géopolitiques, environnementales, technologiques et sanitaires, la coopération universitaire internationale est plus essentielle que jamais. Le réseau de l’AUF nous permet d’agir concrètement dans ces domaines en favorisant la mobilité, le partage d’expertises et la création de projets communs avec des universités de toutes les régions de la Francophonie.

Quels projets majeurs avez-vous pu développer grâce au soutien de l’AUF ? 
Pouvez-vous partager un exemple concret d’un projet qui a eu un impact significatif pour votre établissement ? 

L’un des apports les plus significatifs du réseau réside dans sa capacité à créer des espaces de rencontre entre établissements qui partagent des ambitions communes. Grâce à cette mise en réseau, plusieurs projets de recherche et de formation ont pu voir le jour et se renforcer, notamment dans des domaines où les expertises francophones sont particulièrement reconnues, tels que le développement durable, la santé, l’éducation et le numérique responsable. 

Parmi les initiatives marquantes auxquelles nos chercheurs ont contribué au sein de l’écosystème de l’AUF, soulignons l’Observatoire démographique et statistique de l’Espace francophone (ODSEF), dirigé par le professeur Richard Marcoux de la Faculté des sciences sociales. Depuis plusieurs années, cet observatoire constitue une référence en matière de production et de diffusion de connaissances sur les dynamiques démographiques dans les pays francophones. Aussi, des professeurs de la Faculté de droit ont participé à un projet de recherche international portant sur les contrats publics et le développement durable, en collaboration avec plusieurs universités francophones d’Europe, dont Université Jean Moulin Lyon 3, Université de Turin, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), Université de Genève, Université de Lisbonne. 

Au-delà des projets, l’impact le plus durable réside dans les relations de confiance qui se tissent entre les membres du réseau et qui permettent de bâtir des collaborations à long terme. 

Considérant la nouvelle stratégie 2026-2029 de l’AUF, quel serait l’axe stratégique qui contribuerait le plus à l’atteinte des objectifs stratégiques ? 

Parmi les orientations mises de l’avant, l’axe visant à renforcer la Francophonie scientifique comme espace d’innovation, de coopération et d’impact sociétal rejoint particulièrement les priorités de l’Université Laval. 

Les défis contemporains — qu’il s’agisse des changements climatiques, de la transition numérique, de la cohésion sociale, de la santé durable ou de la sécurité alimentaire — exigent des approches concertées à l’échelle internationale. La capacité de l’AUF à mobiliser les expertises de son vaste réseau constitue un levier exceptionnel pour répondre à ces enjeux et accroître la portée des connaissances produites en français. 

Cet axe contribue également à renforcer la production, la découvrabilité et le rayonnement des connaissances en français à l’échelle mondiale. Il s’inscrit directement dans notre volonté de contribuer activement à la recherche de solutions durables pour les sociétés d’aujourd’hui et de demain. 

Pourriez-vous nous parler de collaborations spécifiques avec d’autres partenaires universitaires francophones ? Comment ces partenariats enrichissent-ils vos projets de recherche, de formation ou d’innovation ? En quoi les initiatives de l’AUF renforcent-elles ces coopérations au niveau régional et international ? 

L’Université Laval collabore avec de nombreux établissements membres de l’AUF en Amérique, en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique. Ces collaborations prennent diverses formes : partenariats stratégiques, projets de recherche conjoints, codirections étudiantes, programmes de mobilité, formations partagées et initiatives d’innovation. 

À titre d’exemple, des chercheurs de notre Faculté de droit ont collaboré avec des partenaires universitaires de France, d’Italie, du Portugal et de Suisse dans le cadre d’un projet de recherche portant sur les contrats publics et le développement durable. Ce type d’initiative permet de croiser les expertises, de comparer les pratiques et de produire des connaissances utiles pour répondre à des enjeux sociétaux communs. 

L’Université Laval contribue également à l’animation de réseaux scientifiques internationaux francophones. À titre d’exemple, le Réseau francophone international en conseil scientifique (RFICS), piloté par le professeur Mathieu Ouimet de l’Université Laval, rassemble des chercheurs et praticiens intéressés par l’utilisation des données probantes dans l’aide à la décision publique. Ce type d’initiative favorise le partage des connaissances, le développement de collaborations internationales et le rayonnement de l’expertise francophone à l’échelle mondiale. 

L’Université Laval dispose-t-elle d’une expertise particulière que l’AUF pourrait mobiliser pour des projets innovants et dans quels domaines (numérique éducatif et gouvernance universitaire, recherche et valorisation, jeunesse et employabilité, innovation pédagogique, etc.) ? 

Absolument. L’Université Laval dispose d’expertises reconnues dans plusieurs secteurs stratégiques qui rejoignent directement les priorités de l’AUF. 

L’Université Laval possède notamment une expertise reconnue en démographie et en analyse des transformations sociales à travers l’ODSEF, une initiative qui contribue depuis plusieurs années à la production de connaissances stratégiques pour les pays francophones. L’établissement se distingue également dans des domaines tels que la santé durable, le développement durable, la sécurité alimentaire, l’intelligence artificielle ainsi que la formation à distance et l’innovation pédagogique.  

Nous sommes également fortement engagés dans les réseaux francophones de formation en santé. La Faculté de pharmacie participe activement à la Conférence internationale des facultés de pharmacie d’expression française (CIDPHARMEF), un réseau associé à l’écosystème de l’AUF qui favorise les échanges d’expertise, l’innovation pédagogique et le développement des compétences dans le domaine pharmaceutique. 

Notre établissement possède également une solide expérience en matière d’internationalisation de l’enseignement supérieur, de formation à distance et d’accompagnement des communautés étudiantes.  

L’Université Laval dispose également d’une expertise reconnue en relations internationales grâce à l’École supérieure d’études internationales (ESEI), qui rassemble des spécialistes provenant de plusieurs disciplines autour des grands enjeux mondiaux contemporains.  

Les travaux menés en gouvernance internationale, développement durable, sécurité, diplomatie et coopération internationale constituent des atouts que l’AUF pourrait mobiliser afin de soutenir le développement de projets de recherche, de formation et de dialogue au sein de la Francophonie. 

Pourquoi est-il important, pour vous et pour l’Université Laval, de siéger au conseil d’administration de l’AUF ? Quels bénéfices concrets cette implication apporte-t-elle à votre établissement, et comment s’inscrit-elle dans la vision stratégique de l’université ? 

La présence de l’Université Laval au conseil d’administration de l’AUF représente à la fois une responsabilité et un privilège. Elle nous permet de contribuer directement aux réflexions stratégiques qui orientent l’avenir du plus grand réseau universitaire francophone au monde. 

Cette participation offre l’occasion de faire valoir les préoccupations et les priorités des établissements membres, tout en favorisant le développement d’initiatives porteuses pour l’ensemble de la communauté universitaire francophone. Elle permet également à l’Université Laval de demeurer au cœur des grands enjeux internationaux en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation.  

Cette implication s’inscrit pleinement dans notre vision d’une université engagée, ouverte sur le monde et résolument tournée vers la collaboration internationale.

En tant que membre du CA de l’AUF, comment percevez-vous l’évolution de la Francophonie scientifique dans la région ? Quels sont, selon vous, les défis majeurs à relever dans ce contexte, et comment l’AUF peut-elle y contribuer ? 

La Francophonie scientifique est aujourd’hui plus dynamique et plus diversifiée que jamais. Nous constatons l’émergence de nouvelles expertises, une plus grande mobilité des connaissances et une volonté accrue de travailler ensemble pour relever les défis mondiaux. 

Cependant, plusieurs enjeux demeurent. Il faut continuer à soutenir l’accès à l’enseignement supérieur, renforcer la découvrabilité et la diffusion des connaissances en français, réduire les inégalités entre les systèmes universitaires et favoriser la participation des jeunes générations aux grands projets scientifiques internationaux. 

Dans un contexte où la production scientifique est largement dominée par l’anglais, il demeure essentiel de préserver des espaces de création, de diffusion et de mobilisation des connaissances en français. La diversité des perspectives scientifiques constitue un atout pour l’innovation et pour la pertinence des solutions apportées aux défis contemporains. 

Grâce à son réseau mondial et à sa capacité de mobilisation, l’AUF joue un rôle essentiel : rapprocher les établissements, valoriser la recherche francophone et faire entendre la voix de la Francophonie dans les grands débats scientifiques contemporains. 

Pour finir, quel message souhaiteriez-vous adresser à la communauté universitaire francophone ? Quel serait votre souhait pour l’avenir du partenariat entre l’AUF et votre université ? 

Je souhaite rappeler que la Francophonie constitue bien davantage qu’un espace linguistique : elle est une communauté de savoir, de solidarité et d’innovation. 

Dans un monde marqué par des incertitudes géopolitiques croissantes, des défis environnementaux majeurs et des transformations technologiques rapides, les universités ont un rôle fondamental à jouer pour favoriser le dialogue, la compréhension mutuelle et la recherche de solutions durables. La Francophonie universitaire représente un espace privilégié pour relever ces défis collectivement. 

Pour l’avenir, je souhaite que le partenariat entre l’Université Laval et l’AUF continue de se renforcer, en favorisant toujours davantage la mobilité, la recherche collaborative, l’innovation et le rayonnement des connaissances en français. Plus que jamais, nous avons besoin d’une Francophonie scientifique ambitieuse, inclusive et tournée vers l’action.

Dans un contexte mondial marqué par de profondes transformations géopolitiques, environnementales, technologiques et sanitaires, la coopération universitaire internationale est plus essentielle que jamais. Le réseau de l’AUF nous permet d’agir concrètement dans ces domaines.

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