Lancement officiel du Statut National de l’Étudiant-Entrepreneur en Tunisie

PresSEETunis11fev20-18

Retour sur la journée du 11 février 2020 durant laquelle M. Hatem Ben Salem, Ministre par intérim de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en Tunisie et M. Slim Khalbous, Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, ont officialisé le lancement du Statut National de l’étudiant-entrepreneur en Tunisie.

La cérémonie de lancement du Statut Étudiant-Entrepreneur s’est déroulée à la Cité de la Culture de Tunis le mardi 11 février 2020. L’ensemble des acteurs et partenaires du projet SALEEM étaient réunis sous la présidence de Messieurs Hatem Ben Salem, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique par intérim, et Slim Khalbous, Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie.

Les prises de paroles se sont succédées au cours de la journée pour faire le bilan des actions passées, présenter le statut et tracer les perspectives de développement du projet au niveau national.

Étaient présents notamment M. Alain Asquin, Délégué ministériel français à l’entrepreneuriat étudiant, M. Youssef Fennira, Directeur général de l’ANETI, M. Sami Hammami, Vice-Président de l’Université de Sfax, Mme Nadia Mzoughi, Vice-Présidente de l’Université de Carthage, M. Stéphane Marion, expert de l’université Jean Moulin – Lyon 3, Mme Dragana Drincourt, Responsable principale du projet SALEEM à l’AUF, M. Mejdi Ayari, Responsable principal de projet à l’AUF Maghreb, ainsi que des hauts cadres du Ministère, de l’AUF, des responsables universitaires français et tunisiens, ainsi que les représentants des acteurs majeurs de l’écosystème entrepreneurial tunisien et de nombreux enseignants et étudiants.

Plusieurs étudiant.e.s ont témoigné de leur expérience entrepreneuriale en présence de leurs tuteurs académiques. Mme Amira Guermazi, Conseillère du Ministre chargée de l’employabilité et de l’ouverture sur l’environnement, et M. Lassaâd Mezghani, Directeur général de la rénovation universitaire, ont clôturé cette rencontre en animant une séance de questions réponses avec l’assistance après une présentation détaillée du dispositif.

Le statut national de l’étudiant-entrepreneur

Grâce à ce statut, les étudiant.e.s tunisien.ne.s pourront désormais élaborer leur projet entrepreneurial dans le cadre de leurs études en bénéficiant d’un soutien adapté au sein de pôles d’accompagnement. Ils ou elles seront conseillé.e.s sur leur projet et suivront un parcours spécifique leur permettant de conjuguer la création de leur activité avec la réussite de leurs études supérieures.

Le statut national de l’étudiant-entrepreneur sera accordé aux étudiant.e.s disposant d’une idée de projet ou comptant créer une activité ou une entreprise durant leur parcours académique, ou après l’obtention de leur diplôme. Ce programme sera mis en œuvre dans les universités, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et les instituts supérieurs des études technologiques à partir de l’année universitaire 2019-2020, avec la contribution des centres de carrière et de certification des compétences « 4C ».

Slim Khalbous, Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie lors de la cérémonie de lancement du Statut Étudiant-Entrepreneur

 

SALEEM : Un projet innovant pour l’employabilité et l’insertion professionnelle des diplômés

Cette journée de lancement s’inscrivait également dans le cadre de la visite de suivi annuel de la délégation d’experts européens du projet SALEEM sur les pôles pilotes universitaires d’accompagnement de Sfax et de Carthage.

Co-financé par le programme Erasmus+ de l’Union européenne et coordonné par l’AUF, SALEEM est mis en œuvre par un consortium de 14 partenaires du Maroc, de Tunisie, de Belgique, de France et de Roumanie. Il a pour but de favoriser l’entrepreneuriat étudiant via la création du dispositif national d’étudiant-entrepreneur au Maroc et en Tunisie, et la création de pôles d’accompagnement en s’inspirant du programme PEPITE France (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat).

SALEEM a été déployé en Tunisie dans les universités de Carthage et de Sfax qui disposent chacune d’un pôle d’accompagnement permettant aux étudiant.e.s et aux jeunes diplômé.e.s de se former à l’entrepreneuriat et à l’innovation dans des ateliers de co-working, puis d’être accompagné.e.s pour concrétiser leurs projets de création d’entreprise. Cette expérience pilote a déjà abouti à une soixantaine de projets d’entreprises présentés par les étudiant.e.s. L’objectif désormais est de généraliser ce dispositif à l’ensemble des universités tunisiennes.

A travers le programme SALEEM, la volonté de l’AUF est de stimuler et de développer la culture et la pratique de l’entrepreneuriat dans les programmes de formation et de recherche et d’encourager les étudiant.e.s et les diplômé.e.s à créer leur entreprise.

« Ce statut est une vraie reconnaissance pour nous »

Maram OUESLATI et Nour GRIOUI

Maram OUESLATI et Nour GRIOUI sont étudiantes en 4èmeannée de biologie industrielle à l’INSAT, Université de Carthage.

Pouvez-vous nous présenter votre projet en quelques mots ?

Nour : Nous sommes des étudiantes ingénieures, mais pas seulement, nous sommes des étudiantes entrepreneures ! Nous sommes des passionnées d’entrepreneuriat social. Nous travaillons sur plusieurs projets. Avec notre camarade Mohammed RAMMEH nous travaillons notament sur la création d’un produit qui s’appelle ZIGOFILTRE, un projet qui a un impact social, économique et environnemental.

Maram : ZIGOFILTRE est une cage métallique qui s’installe à l’entrée des bouches d’égout pour empêcher le passage des déchets. C’est une idée toute simple mais qui va permettre d’éviter les inondations. C’est un vrai problème ici en Tunisie, cela concerne toute la société, cela impacte la vie des gens, l’environnement et l’économie car les inondations provoquent beaucoup de problèmes dans les villes.

Nour : Nous avons intégré le pôle étudiant-entrepreneur de Carthage il y a un an. Le pôle nous aide beaucoup et nous encadre pour avancer dans nos projets. Avec ZIGOFILTREnous sommes en phase de commercialisation, nous avons déjà des précommandes de plusieurs municipalités.

Maram : Nous travaillons aujourd’hui sur l’optimisation du produit pour le développer et pourquoi pas attaquer le marché international, car beaucoup de pays sont touchés par ce problème.

En quoi le statut d’étudiant-entrepreneur va-t-il vous aider dans la construction de votre projet ?

Nour : C’est très important pour nous d’avoir ce statut, c’est une vraie reconnaissance pour nous qui sommes à la fois étudiantes et entrepreneures. C’est important car aujourd’hui il est rare de trouver en Tunisie des étudiants ayant la fibre entrepreneuriale. De plus, ce statut nous apporte beaucoup d’avantages, comme par exemple la flexibilité dans nos emplois du temps. Nous passons beaucoup de temps à travailler sur nos projets et ce n’est pas facile d’articuler nos études et nos activités d’entrepreneures. Donc je suis très reconnaissante de pouvoir bénéficier de ce statut aujourd’hui en Tunisie.

« SALEEM nous a donné l’opportunité de faire le premier pas »

Ikram Mhiri, Amina Kobbi et Eya Takeli

Ikram MHIRI et Amina KOBBI (à gauche et au centre sur la photo) sont jeunes diplômées de Institut Supérieur de Biotechnologie de Sfax en Master Biotechnologie médicale et Master Technologie de l’environnement. Eya TAKELI (à droite) est étudiante en Master Génie Logistique industriel à l’Institut Supérieur de Gestion Industrielle de Sfax.

Pouvez-vous nous présenter votre projet en quelques mots ?

Ikram : Amina et moi sommes des jeunes diplômées de l’Institut Supérieur de Biotechnologie de Sfax. Je suis également la fondatrice d’un club d’entrepreneur à l’ISBS qui vise à sensibiliser les étudiants à l’importance de l’entrepreneuriat. J’ai organisé plusieurs événements pour promouvoir l’esprit d’entreprendre auprès étudiant.es de l’Institut. Cette activité associative m’a amenée progressivement à imaginer un projet d’entreprise avec Amina.

Amina : Notre projet s’appelle VAL COQ, nous travaillons sur la valorisation des coquilles d’œufs. Nous avons constaté que la forte consommation d’œufs en Tunisie engendrait une quantité importante de déchets, et on sait que les coquilles d’œufs sont très toxiques pour l’environnement. On sait également que ce déchet est très riche en éléments nutritifs, notamment en carbonate de calcium et en protéines. Notre projet vise donc à transformer ce déchet en l’utilisant comme matière première dans plusieurs domaines comme l’agriculture, l’agroalimentaire et la cosmétique.

En quoi le Pôle étudiant-entrepreneur de Sfax vous aide-t-il à développer votre projet ?

Ikram : Le programme SALEEM nous a donné l’opportunité de faire le premier pas. Nous avons suivi plusieurs formations notamment sur les soft skills. Nous avons la chance d’être accompagnées par des enseignants référents qui nous aident dans l’élaboration de notre business plan. Grâce au Pôle étudiant-entrepreneur de Sfax, nous avons également pu participer à plusieurs concours, c’est à cette occasion que Eya a rejoint notre projet.  Ces concours sont un très bon entrainement de communication pour promouvoir  notre projet. Par exemple nous avons reçu le premier prix de l’entreprenariat féminin au forum Univ-Expo de Sfax et nous avons été sélectionnées pour participer au concours international Hult Prize en 2019.

Pour en savoir plus

Documents à télécharger :

Site web SALEEM :

Les pôles d’accompagnement en Tunisie :

Revue de presse :

Date de publication : 18/02/2020

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